Une porte ouverte aux purificateurs d’air en classe

L’enseignant Michel Stringer, de l’école secondaire Sophie-Barat, à Montréal, a remporté une longue bataille pour obtenir un purificateur d’air dans sa classe.
Photo: Hubert Hayaud Le Devoir L’enseignant Michel Stringer, de l’école secondaire Sophie-Barat, à Montréal, a remporté une longue bataille pour obtenir un purificateur d’air dans sa classe.

Pour une rare fois depuis le début de la pandémie, un purificateur d’air sera installé dans une école publique francophone avec l’approbation des gestionnaires scolaires. Selon ce que Le Devoir a appris, le Centre de services scolaire de Montréal (CSSDM) vient de donner raison à un enseignant immunodéprimé qui réclamait depuis six mois un purificateur d’air dans sa classe, sur la recommandation de son médecin.

L’enseignant Michel Stringer, de l’école secondaire Sophie-Barat, à Montréal, a remporté une longue bataille pour en obtenir un dans sa classe. Il est un des premiers enseignants du réseau public francophone à avoir droit à cet équipement, qui est pourtant jugé « inadéquat » par le ministère de l’Éducation, d’après des avis d’experts. L’enseignant, qui souffre d’une maladie pulmonaire, aura aussi accès à des masques N95 et à une barrière de plexiglas devant son bureau.

Le CSSDM a résolu d’autoriser l’installation de purificateurs d’air « dans certaines situations exceptionnelles », confirme au Devoir Alain Perron, porte-parole du plus grand centre de services scolaire du Québec.

Joint par Le Devoir, Michel Stringer s’est étonné d’avoir eu à se battre durant des mois pour obtenir les mesures d’accommodement recommandées par son médecin. Il devra encore patienter, car les mesures promises ne sont pas encore en place. Il était exempté de présence à l’école depuis le début de la vague Omicron, en janvier 2022, mais il devait travailler à distance à cause de sa fibrose pulmonaire.

Michel Stringer, qui enseigne le français depuis 25 ans à l’école Sophie-Barat, voulait revenir dans l’établissement auprès de ses élèves. Son médecin lui a autorisé ce retour à la rentrée de cet automne, à la condition qu’on lui fournisse le matériel indiqué plus haut. Le CSSDM a d’abord refusé, malgré la pénurie d’enseignants, puis l’a autorisé à revenir, mais sans masque N95 ni purificateur d’air. Il pourra finalement réintégrer l’école avec les mesures recommandées par son médecin.

« C’est étrange que le centre de services ait changé d’idée, mais ne l’ait pas annoncé publiquement, a réagi Michel Stringer. Les personnes immunosupprimées qui travaillent en éducation ont le droit de savoir qu’elles ont la possibilité de revenir avec des mesures de protection recommandées par leur médecin. »

La ventilation d’abord

Le CSSDM souligne que les spécialistes recommandent d’abord l’adoption d’une ventilation adéquate (mécanique, par l’ouverture des fenêtres ou par échangeurs d’air).

« Toutefois, dans certaines situations exceptionnelles, il est possible de recourir à des purificateurs d’air, à condition que leur installation soit conforme et validée par un expert en ventilation », explique Alain Perron.

Il rappelle qu’un projet-pilote a mené à l’installation d’un purificateur d’air à l’école primaire Saint-Émile, dans le quartier Rosemont. Le programme d’assistance dentaire de l’École des métiers des Faubourgs-de-Montréal a aussi obtenu un purificateur d’air « pour répondre aux exigences de l’Ordre des dentistes ».

Le centre de services dit avoir acquis un certain nombre de ces appareils malgré l’avis défavorable du ministère de l’Éducation. Certaines écoles privées et des écoles publiques anglophones les ont aussi autorisés.

La position du ministère « n’a pas changé », insiste la porte-parole Esther Chouinard. « Il suit les recommandations du Comité d’experts en ventilation mis sur pied par le ministère de la Santé et des Services sociaux, qui a indiqué, dans son rapport publié en janvier 2021, de ne pas recommander l’utilisation des purificateurs d’air dans les salles de classe puisque leur utilisation a une efficacité très réduite dans les grands espaces occupés par plusieurs personnes », ajoute-t-elle.

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