Les Québécois auront accès au nouveau vaccin bivalent de Moderna dès jeudi

Les Québécois auront accès, dès jeudi midi, au nouveau vaccin bivalent de Moderna, qui cible à la fois la souche originale du virus et celle de la famille Omicron. Le directeur national de santé publique, le Dr Luc Boileau, l’a annoncé mercredi lors d’un point de presse sur l’évolution de la situation de la COVID-19 au Québec.

« Le vaccin bivalent va être disponible à compter de demain midi dans l’immense majorité des centres de vaccination au Québec, a-t-il précisé. L’arrivée du bivalent, c’est bien sûr une bonne nouvelle. »

Le nouveau vaccin de Moderna génère « 1,6 fois plus d’anticorps neutralisants contre les variants Omicron » par rapport à la dose de rappel de la version originale, a expliqué la Dre Caroline Quach-Thanh, présidente du Comité sur l’immunisation du Québec (CIQ), qui accompagnait le Dr Boileau au point de presse.

« Comme il s’agit d’un vaccin bivalent B.A.1, la réponse [immunitaire] contre les variants B.A.4 et B.A.5 est un peu moins bonne », a nuancé la microbiologiste-infectiologue au CHU Sainte-Justine.

Le Dr Boileau invite les Québécois ayant reçu leur dernière dose il y a plus de cinq mois à se faire vacciner en fonction des recommandations émises pour leur condition. Ceux qui ont eu la COVID-19 récemment doivent attendre trois mois après l’infection pour obtenir une dose de rappel.

Le directeur national de santé publique du Québec a rappelé que le virus circule toujours même si le nombre de cas est en baisse, notamment chez le personnel de la santé (un peu plus de 3400 absents, soit « beaucoup moins qu’il y a quelques mois », s’est-il réjoui).

La situation sanitaire devrait continuer de s’améliorer au cours des deux prochaines semaines, selon l’Institut national d’excellence en santé et services sociaux (INESSS). Les dernières projections, rendues publiques mercredi, prévoient « une baisse des nouvelles hospitalisations ». Le nombre de lits réguliers occupés par des patients atteints de COVID-19 devrait se situer à environ 1150, avec un intervalle de confiance entre 1012 et 1240. Quant à ceux aux soins intensifs, leur nombre devrait s’élever à environ 20, avec un intervalle de confiance entre 19 et 24.

Le gouvernement du Québec a fait état mercredi de 1635 hospitalisations, soit une hausse de 78 hospitalisations par rapport à la veille, ainsi que de 13 décès (dont aucun n’est survenu dans les 24 dernières heures).

Vaccination contre l’influenza au début d’octobre

Outre l’arrivée du vaccin bivalent, le Dr Boileau a annoncé lors du point de presse que la campagne vaccinale contre l’influenza, qui se déroule habituellement en novembre, serait devancée de « quelques semaines » et commencera « au début d’octobre ».

« La vaccination contre l’influenza va donc pouvoir être offerte en même temps que celle contre la COVID dans quelques semaines d’ici », a-t-il dit. Les deux vaccins seront administrés dans un bras différent.

La Santé publique affirme avoir pris cette décision après avoir constaté que l’activité grippale a été plus précoce cette année dans l’hémisphère sud.

Le Dr Boileau a ajouté que la proportion d’enfants et de jeunes adultes touchés par la grippe a été « plus importante » cette année en comparaison avec les saisons grippales antérieures, « sans nécessairement se solder avec une augmentation des hospitalisations ou même des décès ».

Malgré cette hausse de cas chez les plus jeunes, le CIQ ne recommande pas que cette population soit vaccinée gratuitement contre la grippe. Il maintient sa recommandation d’offrir une couverture vaccinale gratuite aux populations vulnérables comme les adultes et les enfants âgés de six mois et plus atteints de certaines malades chroniques, ainsi que les personnes âgées de 75 ans et plus.

« On n’a pas vu d’augmentation du nombre de cas d’hospitalisations ou de décès associés à l’influenza dans les groupes les plus jeunes comparativement aux années précédentes », a justifié la Dre Quach-Thanh.

Dose de rappel : que faire pour les enfants ?

Le vaccin bivalent de Moderna n’est pas offert aux enfants, celui-ci ayant été homologué pour les 18 ans et plus. Les 5 à 11 ans peuvent toutefois recevoir, depuis la semaine dernière, une dose de rappel du vaccin de Pfizer-BioNTech. Le Comité sur l’immunisation du Québec le recommande pour les enfants vulnérables (par exemple, ceux immunosupprimés).

Mais que faire quand l’enfant est en santé ? Faut-il obtenir une troisième dose ? Bien des parents se posent la question.

« C’est toujours une question de gestion de risque individuelle, a répondu la Dre Quach-Thanh en point de presse. On sait que la dose de rappel augmente pendant quatre à six semaines la protection contre les infections. La protection contre les complications est beaucoup plus pérenne. Cependant, les jeunes enfants sont peu à risque de complications. Donc, c’est vraiment de voir à quel point on veut cette dose-là et quand on la veut. »



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