Un vaccin ciblant Omicron approuvé au Canada

Cette version du vaccin anti-COVID de Moderna cible à la fois le variant Omicron et la souche originale du virus.
Frederic J. Brown Agence France-Presse Cette version du vaccin anti-COVID de Moderna cible à la fois le variant Omicron et la souche originale du virus.

Santé Canada a approuvé un nouveau vaccin contre la COVID-19 qui cible à la fois la souche originale du coronavirus et le variant Omicron, celui de Moderna, comme dose de rappel pour les adultes.

« Il s’agit essentiellement de deux vaccins en un », a illustré durant une séance d’information le Dr Marc Berthiaume, directeur du Bureau des sciences médicales de Santé Canada.

Ce vaccin dit « bivalent », qui pourra être utilisé comme dose de rappel, cible tout particulièrement le sous-variant BA.1 d’Omicron, ont précisé des responsables de la Santé publique.

Le ministre de la Santé, Jean-Yves Duclos, a indiqué qu’une première livraison de 780 000 doses arriverait au Canada vendredi. En tout, 10,5 millions de doses sont attendues par Ottawa d’ici la fin septembre, et Santé Canada prévoit que l’approvisionnement suffira à la mise à jour de la vaccination de tous les Canadiens de 18 ans et plus.

Des doses d’un vaccin de Pfizer similaire, présentement évalué par Santé Canada, pourront aussi arriver une fois le feu vert donné.

M. Duclos a pressé les Canadiens d’aller chercher une dose de rappel si leur précédente vaccination remonte à six mois ou plus.

« Au cours des prochaines semaines, à mesure que nos enfants retournent à l’école ou que nous-mêmes retournons au bureau, prendre un rendez-vous pour notre dose de rappel devrait être en tête de notre liste de choses à faire », a déclaré le ministre, comparant la nécessité d’être à jour dans son immunisation contre la COVID-19 à celle de recharger son téléphone.

Bien que le nouveau vaccin conçu en fonction du sous-variant BA.1 ne soit pas encore distribué, Santé Canada a déjà invité Pfizer-BioNTech et Moderna à soumettre des données pour d’éventuels vaccins ciblant spécifiquement les variants plus récents BA.4 et BA.5.

La Dre Supriya Sharma, conseillère médicale en chef de Santé Canada, a fait savoir que l’organisme réglementaire s’attendait à recevoir le dossier de Pfizer « aussi tôt que la semaine prochaine », ainsi que celui de Moderna « au cours des deux prochaines semaines ».

Il n’en reste pas moins que le vaccin ayant obtenu le feu vert jeudi est tout de même utile pour se prémunir contre les sous-variants plus récents, a souligné le Dr Berthiaume.

« Actuellement, les données sur la famille des variants Omicron indiquent que si on a une protection avec le vaccin bivalent contenant le variant Omicron BA.1, on a une bonne protection contre les variants BA.4 et BA.5. Ça devient des distinctions fines, mais, dans les faits, la protection est là », a-t-il expliqué.

« En matière de gain, le niveau d’anticorps augmente de 8 fois contre le variant BA.1 comparativement au vaccin qu’on a présentement. [Le niveau d’anticorps] est 5,4 fois plus élevé contre les variants BA.4 et BA.5 », avait déclaré la directrice générale de Moderna Canada, Patricia Gauthier, dans un entretien avec Le Devoir. La durée de la protection conférée par le vaccin devrait aussi être prolongée, selon les études de la société pharmaceutique.

Les « anciennes versions » toujours efficaces

Par ailleurs, le Comité consultatif national de l’immunisation a annoncé recommander l’administration du vaccin nouvellement approuvé aux adolescents de 12 à 17 ans « présentant une immunodépression modérée à sévère ou présentant des facteurs de risque biologiques ou sociaux qui les exposent à un risque élevé d’effets sévères dus à la COVID-19 ».

Le Royaume-Uni a approuvé le vaccin bivalent de Moderna il y a deux semaines, et la Food and Drug Administration des États-Unis a donné le feu vert à Moderna et à Pfizer-BioNTech plus tôt cette semaine.

Les vaccins autorisés par les autorités américaines s’attaquent plus particulièrement au BA.4 et au BA.5.

Le variant Omicron est arrivé au Canada à la fin de 2021 et s’est propagé de façon fulgurante depuis. Selon les plus récentes données publiées par Ottawa, son sous-variant BA.5 représentait 85,6 % des cas de COVID-19 échantillonnés durant la semaine du 7 août. Sur la même période, la part du BA.4 atteignait 10,5 % et celle du BA.1, 0,2 %.

Le sous-administrateur en chef de l’Agence de la santé publique du Canada (ASPC), le Dr Howard Njoo, a découragé les personnes mûres pour une dose de rappel de repousser leur rendez-vous si le vaccin bivalent ne leur est pas accessible dans l’immédiat.

« Les personnes qui choisissent de retarder l’administration d’une dose de rappel pour attendre l’arrivée d’un nouveau vaccin ont tout intérêt à examiner attentivement le risque individuel que ce choix peut comporter », a-t-il dit.

Il a rappelé que les vaccins contre la COVID-19 conçus selon la souche d’origine du virus demeurent efficaces.

« Ce qui est important, c’est une vaccination en temps opportun, et la meilleure protection est de recevoir votre dose de rappel aussitôt que possible », a renchéri l’administratrice en chef de l’ASPC, la Dre Theresa Tam.

Selon des estimations de la Santé publique citées par le ministre Duclos, si 90 % plutôt que 60 % des Canadiens sont « à jour dans leur vaccination », le niveau d’hospitalisation attribuable à la COVID-19 serait réduit de 90 % « à la fin de l’automne ou au début de l’hiver ».

Avec Le Devoir

À voir en vidéo