Une première dose de rappel dès la semaine prochaine pour les 5-11 ans

Le directeur national de santé publique du Québec, le Dr Luc Boileau
Jacques Nadeau Le Devoir Le directeur national de santé publique du Québec, le Dr Luc Boileau

La Santé publique et le Comité sur l’immunisation du Québec (CIQ) recommandent l’administration d’une dose de rappel pour les enfants vulnérables de 5 à 11 ans. Elle sera disponible la semaine prochaine pour tous les jeunes de cette tranche d’âge.

Québec élargit aussi dès maintenant sa campagne de vaccination pour une deuxième dose de rappel aux 18 ans et plus. Ceux qui ont reçu leur dernière dose il y a plus de cinq mois et qui n’ont pas contracté la COVID-19 dans l’intervalle sont encouragés à prendre rendez-vous sur Clic Santé.

Selon le directeur national de santé publique du Québec, le Dr Luc Boileau, le nouveau vaccin bivalent, qui cible à la fois la souche originale du virus et celle de la famille du variant Omicron, « devrait être disponible d’ici moins de deux semaines » dans la province. Santé Canada doit toutefois approuver ce nouveau produit de Moderna, dont le Canada doit recevoir 12 millions de doses cette année.

À quelques jours de la rentrée scolaire, le Dr Boileau a fait le point mercredi sur l’évolution de la pandémie de COVID-19, en compagnie de la Dre Marie-France Raynault, conseillère médicale stratégique principale au ministère de la Santé et des Services sociaux, ainsi que de la pédiatre, microbiologiste-infectiologue au Centre hospitalier universitaire Sainte-Justine et présidente du CIQ, la Dre Caroline Quach-Thanh.

« On l’a vu au cours des deux dernières années : la rentrée est une période charnière où la COVID-19 risque de montrer des signes d’augmentation et qui pourrait possiblement arriver plus vite que tard », a dit le Dr Boileau.

La courbe d’infection a beau descendre « tranquillement », a-t-il poursuivi, le virus demeure « toujours là ». La multiplication des contacts cet automne pourrait entraîner une recrudescence des cas, a-t-il rappelé.

Deux boîtes de tests rapides aux élèves

 

Malgré tout, la Santé publique ne prévoit pas de mesures sanitaires supplémentaires pour éviter la propagation de la COVID-19 dans les écoles. Les enfants n’auront pas à porter le masque en classe.

Deux boîtes de tests de dépistage rapide seront cependant remises aux élèves du primaire et du secondaire en début d’année scolaire, a indiqué le Dr Boileau. Les parents sont invités à y recourir si leur enfant présente des symptômes de COVID-19 (nez qui coule, toux et fièvre réunis, par exemple). En cas de résultat positif, l’élève devra s’isoler cinq jours puis pourra, selon son statut vaccinal, revenir à l’école en portant un masque durant cinq jours et en évitant les interactions.

La Dre Raynault a affirmé ne pas s’attendre à une « catastrophe » à la rentrée scolaire. « C’est sûr qu’il va y avoir des infections, a-t-elle dit. Par contre, il y a beaucoup d’enfants qui ont fait une COVID cet été aussi. On va avoir une période [où l’on sera] un peu protégés pour les premières semaines. »

Elle a réitéré que l’école en présence était bénéfique pour les élèves, notamment en ce qui a trait à leur développement et à leur socialisation.

Selon la Dre Quach-Thanh, les pédiatres sont « de façon générale assez à l’aise » avec le fait que le port du masque ne soit pas exigé en classe. Une « bonne proportion d’enfants » ont déjà « une certaine immunité » acquise lors d’une infection ou grâce à la vaccination, a-t-elle précisé.

« On a fait récemment des études de séroprévalence, et dépendamment des groupes d’âge, on avait entre 50 et 60 % des enfants qui avaient acquis l’infection à Omicron depuis janvier 2022, a-t-elle expliqué. Dans ce contexte-là, on ne s’attend pas à ce qu’il y ait des infections sévères et des complications. Je pense qu’on a vraiment changé notre fusil d’épaule de façon générale, c’est-à-dire qu’on va traiter ce virus-là comme un autre virus respiratoire. »

Québec offrira néanmoins la possibilité à tous les 5 à 17 ans d’obtenir une dose de rappel dès la semaine prochaine. Il ne s’agira pas du vaccin bivalent de Moderna, ce dernier étant en voie d’être homologué pour les 18 ans et plus.

Il y a une semaine, le ministère de la Santé et des Services sociaux a lancé une nouvelle campagne de vaccination massive qui cible d’abord les gens vivant dans les centres de soins de longue durée et les résidences pour personnes âgées, les 75 ans et plus, les communautés isolées et les travailleurs de la santé.

Depuis le 16 août, environ 250 000 rendez-vous de vaccination contre la COVID-19 ont été réservés, tous groupes d’âge confondus, selon le ministère.

Légère hausse des hospitalisations

Les autorités sanitaires ont rapporté mercredi 1986 hospitalisations liées à la COVID-19 sur le territoire québécois, une hausse de 27 par rapport à la veille. Parmi celles-ci, 41 patients se trouvaient aux soins intensifs, une baisse de 5. Québec signalait aussi 26 décès supplémentaires de la maladie et recensait officiellement 992 nouveaux cas de COVID-19. Au total, 3983 travailleurs de la santé n’étaient pas au travail pour des raisons liées à la pandémie (retrait préventif, isolement, en attente de résultats, etc.). Depuis le début de la pandémie, 1 172 597 infections ont été signalées, et 16 278 d’entre elles se sont avérées mortelles.



À voir en vidéo