La COVID-19 a infecté 65 % des jeunes adultes au Canada

Plus de 17 millions de Canadiens ont été infectés par le variant Omicron du coronavirus. Cela représente plus de 100 000 contaminations par jour depuis l’arrivée de cette souche au pays, selon les estimations du Groupe de travail sur l’immunité face à la COVID-19 (GTIC).

Depuis le début de la pandémie, l’équipe de chercheurs canadiens analyse le sang de patients à la recherche des traces d’infections antérieures. Cette « séroprévalence » des anticorps contre le SRAS-CoV-2 est passée de 5,1 % avant la vague Delta à 55,7 % au bout de cinq mois de vague Omicron.

Les jeunes adultes (17 à 24 ans) ont été les plus touchés par ce tsunami. Pas moins de 65 % d’entre eux ont été frappés par la maladie.

Le taux d’infection diminue avec l’âge. Il est de 57 % pour les 25-39 ans, de 51 % pour les 40-59 ans et de 31 % pour les 60 ans et plus.

Réparties dans le temps, les infections par Omicron représentent environ 100 000 cas par jour depuis le 15 décembre. C’est « plus de dix fois le nombre de cas quotidiens observés pendant les pics des vagues précédentes du SRAS-CoV-2 depuis deux ans », résument les chercheurs dans leur rapport.

Pas un virus saisonnier

« Ce virus n’a pas un profil saisonnier comme les autres virus respiratoires auxquels nous nous attendons, lorsque tout le monde retourne au travail ou à l’école à l’automne », fait remarquer au Devoir la Dre Catherine Hankins, coprésidente du GTIC et professeure à l’Université McGill. « Le virus tire avantage de notre comportement. […] Peut-être qu’il va devenir saisonnier comme les autres virus de ce type, dans 5 ou 10 ans, je ne sais pas. Pour le moment, ce sont des vagues qui dépendent beaucoup de ce qui se passe sur le plan de l’immunité. »

« Des millions de Canadiens ont maintenant une immunité hybride résultant d’une combinaison de vaccins contre la COVID-19 et d’une infection. Malheureusement, de nouvelles données probantes portent à croire que la plupart de ces personnes demeurent à risque de réinfection par des virus de la lignée du variant Omicron », a mis en garde son collègue, le Dr David Naylor, coprésident du GTIC, dans la communication écrite accompagnant le rapport.

« Théoriquement », une deuxième infection provoque « des symptômes moins sévères », indique la Dre Hankins.L’analyse par le sang ne permet pas d’estimer la prévalence de ces réinfections, mais « c’est évident qu’il y a beaucoup de réinfections, pas seulement Delta-Omicron, mais aussi Omicron-Omicron », relève-t-elle. « Le virus continue d’évoluer, comme on le voit. On ne peut pas s’en laver les mains et dire que c’est fini. »

Cette analyse s’est échelonnée jusqu’au 30 mai 2022. Le nombre d’infections aujourd’hui est donc encore plus élevé.

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