La situation de la variole simienne au Québec est qualifiée de «préoccupante»

C’est au Québec que l’on dénombre le plus de cas de variole simienne et de loin. En début d’après-midi, le ministère de la Santé du Québec a annoncé que la province comptait maintenant 71 cas déclarés.

Faisant le point sur la situation, vendredi à Ottawa, l’administratrice en chef de la santé publique, Theresa Tam, et son adjoint, Howard Njoo, ont qualifié la situation de « préoccupante » au Québec, tout en précisant que cette éclosion n’a quand même rien à voir avec une pandémie de l’ampleur de la COVID-19.

D’une part, la variole simienne n’est pas du tout aussi contagieuse que la COVID et, d’autre part, les autorités de santé publique du Québec procèdent à un traçage serré des contacts.

Néanmoins, la situation est suivie de près surtout parce qu’on veut éviter une propagation qui toucherait les femmes enceintes ou des enfants, qui pourraient être plus vulnérables.

Selon le docteur Njoo, les personnes plus âgées, qui ont reçu le vaccin contre la variole à l’époque où il se donnait encore, soit avant les années 1970, seraient mieux protégées que les plus jeunes. La variole telle qu’on la connaissait avant le 21e siècle a été déclarée éradiquée en 1979 après d’importants efforts de vaccination à l’échelle mondiale.

Ailleurs au Canada, la santé publique rapporte cinq cas confirmés de variole simienne en Ontario et un en Alberta. La docteure Tam a précisé que les connaissances ne sont pas encore assez avancées pour réaliser une modélisation sur la propagation prévisible de la variole simienne au Canada.

 

COVID : tous les indicateurs en baisse

Par ailleurs, les docteurs Tam et Njoo ont fait le point sur la situation de la COVID au pays. Bien que le nombre d’hospitalisations demeure élevé, tous les indicateurs, qu’il s’agisse du nombre de cas, d’hospitalisations ou de cas graves sont à la baisse, tout comme les indices recueillis par l’analyse des eaux usées.

Les experts se penchent par ailleurs plus en profondeur sur les cas de COVID longue, c’est-à-dire les personnes chez qui certains symptômes persistent toujours, trois mois après une infection initiale. Les symptômes les plus communs sont la fatigue, des problèmes cognitifs, des troubles du sommeil et l’essoufflement.

Ces symptômes prolongés touchent autant les enfants que les adultes et on estime qu’entre 30 % et 40 % des personnes qui ont contracté la maladie, mais qui n’ont pas eu besoin d’être hospitalisées, présentent des symptômes de COVID longue. La condition semble par ailleurs affecter davantage les femmes que les hommes.

Ces constatations touchent les cas de COVID longue issus d’infections qui précèdent l’apparition du variant Omicron.

21 cas aux États-Unis, plus de 700 dans le monde

Les autorités sanitaires américaines ont annoncé vendredi compter 21 cas de variole simienne aux États-Unis, où la maladie pourrait avoir commencé à se transmettre localement, et être au courant de plus de 700 cas dans le monde.

 

La grande majorité des cas américains sont liés à des voyages à l’étranger, selon les Centres de prévention et de lutte contre les maladies (CDC), principale agence sanitaire fédérale du pays. Mais quelques autres sont liés à d’autres cas connus au pays, et pour une personne, la source de l’infection n’a pas été identifiée pour le moment. « Il pourrait y avoir une transmission localement au sein de la population », a averti lors d’une conférence de presse Jennifer McQuiston, responsable de la réponse des CDC face à la maladie. Toutefois, « nous pensons toujours que le risque de santé publique est faible », a-t-elle rassuré.

 

Aucun décès lié à ces nouveaux cas n’a pour le moment été recensé aux États-Unis ou dans le monde, a-t-elle précisé.

 

« Nous travaillons très dur pour contenir » la maladie, a déclaré Jennifer McQuiston, afin qu’elle ne devienne pas endémique comme c’est le cas dans plusieurs pays d’Afrique. « La stratégie des États-Unis est concentrée sur l’identification des cas, des personnes ayant été en contact avec eux, et de s’assurer que le vaccin leur est proposé, et que les cas sont isolés », a-t-elle expliqué.

 

Deux vaccins — appelés ACAM2000 et Jynneos — ont été déployés, ainsi qu’un traitement antiviral. Quelque 1200 vaccins et une centaine de traitements ont été envoyés dans huit juridictions américaines, a précisé un responsable de la Maison-Blanche. Fin mai, il avait été dit que les États-Unis possédaient 1000 doses de Jynneos et 100 millions d’ACAM2000, mais ces chiffres ont évolué, ont précisé vendredi les CDC, sans vouloir détailler.

 

« Nous avons assez de vaccins pour gérer l’épidémie actuelle », a assuré Dawn O’Connell, du ministère de la Santé américain.

Agence France-Presse


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