Le CISSS des Îles songe à se lancer dans l’immobilier

Avec un taux d’inoccupation qui avoisine 0%, les Îles de la Madeleine peinent à recruter des travailleurs et des travailleuses du continent.
Photo: Adrien Le Toux Getty Images iStockphoto Avec un taux d’inoccupation qui avoisine 0%, les Îles de la Madeleine peinent à recruter des travailleurs et des travailleuses du continent.

Face à la crise du logement, le CISSS des Îles songe à ajouter un casque de construction à son uniforme de soignant. Le centre de santé et de services sociaux envisage de construire lui-même l’hébergement qui manque pour accueillir sa main-d’œuvre.

Le taux d’inoccupation frôle le 0 % aux îles de la Madeleine, ce qui complique de façon importante le recrutement des travailleurs et des travailleuses du continent. Pour le CISSS des Îles, le constat est implacable : au moment où les Madelinots vieillissent et nécessitent plus de soins, le bassin local de main-d’œuvre rétrécit et les logements manquent pour attirer des gens de l’extérieur.

« Il y a des personnes prêtes à venir vivre une belle aventure aux Îles, indique la p.-d.g. du CISSS, Sophie Doucet. Malheureusement, ils doivent parfois reculer parce qu’ils sont incapables de se trouver un logis. »

Pour remédier à ce problème, le CISSS pense à se lancer dans l’immobilier, explique-t-elle. « Nous avons testé l’idée auprès du ministère de la Santé. Il nous a encouragés à approfondir notre réflexion. »

Le CISSS trace présentement le portrait de ses besoins, une démarche qu’il espère terminer d’ici un an. Une soixantaine de postes restent à pourvoir au CISSS, qui doit faire appel à 39 travailleurs et travailleuses issus d’agences privées pour assurer ses services. Il débourse chaque année 1,3 million de dollars pour transporter et héberger ces derniers.

« Notre projet est encore très embryonnaire et il y a encore plein d’options sur la table. Quelle forme ça pourrait prendre ? Des maisons en rangée ? Un immeuble de logements ? Un parc de minimaisons ? Nous ne le savons pas encore », précise la p.-d.g.

La pression du tourisme

 

Le CISSS des Îles a déjà fait l’achat, au printemps, d’un hôtel-motel situé devant l’hôpital. Celui-ci accueillera des bureaux, mais aussi une trentainede chambres destinées à hébergerla main-d’œuvre de passage. Ces chambres s’ajouteront aux quelques maisons que le centre de santé et de services loue pour assurer un toit à son personnel d’agence.

C’est la nécessité plus que l’envie qui pousse le CISSS madelinot à considérer l’aventure immobilière. « Ce n’est pas notre métier, note la p.-d.g. Ce n’est pas de notre ressort, ça nous sort de l’ordinaire ! » Dans un scénario idéal, affirme Mme Doucet, un promoteur accepterait de collaborer avec le centre de santé pour lui éviter le fardeau de construire et de gérer ses logements.

Les Îles vivent une réalité particulière induite par la forte affluence touristique en période estivale. Plusieurs Madelinots louent leur maison à fort prix aux touristes. Les baux, pour les travailleurs et les travailleuses qui souhaitent s’y installer, prennent donc souvent fin dès l’arrivée de l’été.

C’est ce que Sophie Doucet a elle-même vécu lors de son arrivée en poste, l’an dernier. « Mon conjoint et moi avons décidé de jouer le tout pour le tout en vendant tout ce que nous avions sur le continent, explique-t-elle. Nous avons eu chaud : ici, c’est fou le marché immobilier ici. Moi-même, j’ai eu peur de ne pas pouvoir me loger. »

Elle veut toutefois se faire rassurante : le CISSS des Îles accompagnerales nouvelles recrues dans leurs recherches de logement.

À voir en vidéo