Des jeunes «tannés» de leur écran

Le recours forcé à l’ordinateur durant la pandémie a exaspéré près de 40% des adolescents sondés par la Santé publique.
Photo: Getty Images iStockphoto Le recours forcé à l’ordinateur durant la pandémie a exaspéré près de 40% des adolescents sondés par la Santé publique.

Ils sont omniprésents, mais exaspèrent. Les écrans, compagnons de pandémie par excellence, « tannent » bon nombre d’adolescents. C’est ce que confirme une étude de la Direction régionale de santé publique (DRSP) de Montréal.

Le constat saute aux yeux. Au printemps 2021, alors qu’un couvre-feu enserre le quotidien des Québécois, toujours plus d’adolescents passent leur temps sur Internet. Le sondage de la DRSP de la métropole, mené auprès de 725 jeunes entre avril et mai de l’année dernière, pose des chiffres sur cette évidence, mais laisse croire que cette habitude pourrait s’estomper.

À cause de la pandémie, 70 % des adolescents montréalais ont donc « beaucoup augmenté » leur consommation d’écran, soit par les jeux vidéo, le visionnement de vidéos ou la communication sur les médias sociaux. Un quart d’entre eux ont vu leur temps d’écran augmenter pour au moins trois types d’utilisations.



Même en excluant le temps d’écran consacré à l’école à distance et aux travaux scolaires, 27 % des répondants affirment passer au moins cinq heures par jour devant l’ordinateur, la télévision ou leur téléphone. Cette proportion grimpe à 44 % pendant les fins de semaine.

Regarder tant de pixels aussi longtemps n’est pourtant pas au goût de tous. Près de 40 % des jeunes sondés admettent être « tannés » des écrans. Ce ne sont pas les adolescents qui regardent le plus les écrans qui en sont le plus fatigués, mais bien ceux dont l’utilisation de l’Internet a le plus augmenté durant le confinement.

Habitudes de vie

 

« Une partie des jeunes ont utilisé les écrans parce qu’ils n’avaient rien d’autre à faire », explique le chercheur principal de l’étude, Jean-François Biron. Ainsi, la fin du confinement devrait se traduire par une baisse de la consommation d’écran, suggère-t-il, sans pouvoir le confirmer.

Pour cause, l’usage excessif d’écrans mène à des problèmes de sommeil (pour 45 % des sondés) ou encore nuit aux résultats scolaires (pour 37 % des sondés). Les répondants dont l’usage dépasse les cinq heures par jour souffrent d’un moral particulièrement bas.

Aux parents inquiets de voir leur enfant collé à son écran, M. Biron conseille de s’intéresser à la campagne « Pose ton écran », qui propose des astuces pour mieux gérer les notifications, le temps d’écran ou simplement s’informer sur la question. Il précise qu’il n’y a pas de « solution miracle » à des habitudes ancrées chez un adolescent.

« Ça se compare à l’alimentation. On est dans les habitudes de vie, on n’est pas tout le temps dans la dépendance. On ne peut pas regarder ça comme l’alcool. On est plus dans quelque chose où il y a des bénéfices et qui ne va pas reculer. On est toujours dans une recherche d’équilibre là-dedans. »

Car au-delà des conséquences négatives, les écrans ont du bon. Beaucoup en ont profité pour maintenir leurs relations ou apprendre de nouvelles choses.

Ces résultats ont été obtenus par questionnaire auprès de 725 répondants de 13 à 17 ans, entre avril et mai 2021.

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