Des «fantômes» de la COVID-19 dans les organes pourraient expliquer la COVID longue

Des chercheurs de Singapour, de New York, de la Californie ou encore de l’Autriche ont tous repéré des fragments de virus dans différents organes de patients atteints de symptômes persistants.
Photo: Timothy A. Clary Des chercheurs de Singapour, de New York, de la Californie ou encore de l’Autriche ont tous repéré des fragments de virus dans différents organes de patients atteints de symptômes persistants.

Ce texte est tiré de notre infolettre « Le Courrier du coronavirus » du 16 mai 2022. Pour vous abonner, cliquez ici.

Et si la clé de la « COVID longue » se trouvait dans des fragments de virus cachés un peu partout dans le corps humain ? Ces « fantômes » de coronavirus seraient présents un peu partout chez certaines personnes infectées et contribueraient à prolonger les symptômes de la maladie, laisse entendre une revue de littérature publiée dans Nature.

Que ce soit dans l’intestin, les yeux, le cœur, le cerveau, la poitrine ou l’appendice, le virus de la COVID-19 peut se cacher longtemps dans les moindres recoins du corps humain.

Des chercheurs de Singapour, de New York, de la Californie ou encore de l’Autriche ont tous repéré des fragments de virus dans différents organes de patients atteints de symptômes persistants.

Par exemple, une équipe de gastro-entérologues du laboratoire de l’Université Stanford, en Californie, ont découvert que 32 des 46 participants de leur étude qui avaient souffert d’une COVID-19 légère présentaient des preuves de la présence de molécules virales dans leur intestin sept mois après une infection aiguë. Environ deux tiers de ces 32 personnes présentaient des symptômes de longue durée de COVID-19.

Des scientifiques de l’École de médecine Icahn, à New York, ont établi pour leur part que, « six mois après l’infection initiale, les cellules répondaient toujours aux molécules fabriquées par le SRAS-CoV-2 ».

« Toutes ces études soutiennent la possibilité que les réservoirs viraux à long terme contribuent à la COVID longue », conclut ainsi l’article de Nature.

Certaines des études citées ne sont qu’anecdotiques ou n’ont pas été encore vérifiées par les pairs. Aucun lien évident n’est donc encore établi entre ces fragments de virus et les symptômes de la COVID-19 longue durée, mais il s’agit certainement de pistes prometteuses pour les scientifiques qui tentent de comprendre — et de traiter — ce mal qui touche des centaines de milliers de personnes dans le monde.

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