Les vaccins préviennent-ils la COVID longue durée ?

Les vaccins permettent-ils de se protéger contre les maux liés à la COVID longue durée ?
Marie-France Coallier Le Devoir Les vaccins permettent-ils de se protéger contre les maux liés à la COVID longue durée ?

Ce texte est tiré de notre infolettre « Le courrier du coronavirus » du 2 mai 2022. Pour vous abonner, cliquez ici.

Fatigue, maux de tête, difficultés respiratoires : certaines personnes ressentent des séquelles de la COVID-19 des mois après la phase aiguë de leur infection. Les vaccins permettent-ils de se protéger contre ces maux ? Entretien avec la Dre Emilia Liana Falcone, qui dirige la Clinique de recherche post-COVID-19 à l’Institut de recherches cliniques de Montréal (IRCM).

Que disent les grandes études épidémiologiques sur l’effet protecteur des vaccins contre la COVID longue durée ?

La plupart des études à ce sujet n’ont pas encore été révisées par des pairs, mais il y a assurément la notion qu’il peut y avoir un effet protecteur, répond la Dre Falcone. Selon certaines études, la vaccination diminuerait d’environ 50 % les risques de développer la COVID longue.

D’un point de vue biologique, que peut-on déduire quant au mécanisme protecteur ?

Une partie de la protection est expliquée par le fait que la vaccination réduit les risques d’avoir une infection grave. On sait qu’il y a un lien entre une maladie très grave et les risques de développer des séquelles à long terme.

L’une des hypothèses pour expliquer la COVID longue, c’est que l’inflammation survenant lors de la phase aiguë cause des séquelles à long terme. Si l’infection est un peu plus contrôlée [grâce au vaccin], elle n’engendrerait pas une aussi importante dysrégulation du système immunitaire. Cela dit, ces questions sont activement étudiées.

Sait-on si la situation est la même avec les variants Omicron et BA.2 ?

On n’a pas encore la réponse. Ce que je peux vous dire, c’est que, assurément, on a des cas de longue COVID qui arrivent après des infections à Omicron. Pour BA.2, c’est encore trop tôt pour le dire. Le syndrome post-COVID-19 sera-t-il aussi grave, et la proportion de COVID longue sera-t-elle aussi importante ? Cela reste à déterminer.

Mon espoir — et ma déduction, vu l’effet protecteur de la vaccination —, c’est que la proportion des personnes infectées qui développent la COVID longue durée diminuera. Cependant, puisque ces variants-là sont plus contagieux, le nombre absolu de personnes atteintes risque tout de même d’être élevé.

Si la COVID-19 devient endémique, que pensez-vous qu’il adviendra de la COVID longue durée ?

J’ai l’impression qu’il y en aura toujours. Parce qu’on sait que la COVID longue peut survenir même si la maladie est moins grave. La différence, c’est qu’on pourra peut-être mieux l’identifier, mieux la caractériser, mieux la prendre en charge : on saura plus à quoi s’attendre.

Par ailleurs, plusieurs études en cours regardent l’impact d’interventions durant la phase aiguë, pour voir si elles altèrent les risques de COVID longue. Ce sera vraiment intéressant de voir, au moment où plus de gens auront reçu le Paxlovid dans la phase aiguë de leur maladie, si cela va diminuer les risques d’avoir la COVID longue. C’est un enjeu important.



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