Entente pour renforcer l’accès aux médecins de famille au Québec

Selon le ministre Christian Dubé, 400 000 patients prioritaires devraient avoir un médecin de famille d’ici le mois de mars prochain.
Photo: Paul Chiasson La Presse canadienne Selon le ministre Christian Dubé, 400 000 patients prioritaires devraient avoir un médecin de famille d’ici le mois de mars prochain.

Alors qu’un peu moins d’un million de Québécois sont présentement en attente d’un médecin de famille, le ministre de la Santé Christian Dubé prévoit que la moitié d’entre eux en auront un dans moins d’un an.

« Je veux qu’on finisse avec au moins 500 000 patients qui vont être enlevés du Guichet d’accès à un médecin de famille » d’ici au 31 mars 2023, a-t-il affirmé, dimanche, en entrevue au Devoir. « On va donner accès à un médecin de famille à la clientèle plus vulnérable qui n’en a pas », a-t-il poursuivi, en chiffrant cette clientèle à 400 000 patients prioritaires, qui devraient donc tous avoir un médecin de famille d’ici le mois de mars prochain.

L’entente annoncée dimanche entre la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec (FMOQ) et le gouvernement du Québec, qui vise à améliorer l’accès aux soins de première ligne, a été accueillie comme une « lueur d’espoir » par la FMOQ. Le ministre de la Santé, Christian Dubé, s’est quant à lui réjoui d’une entente « structurante et clé » dans le plan santé de son gouvernement.

L’entente comprend une série de mesures destinées à faciliter l’accès aux soins de première ligne pour la population. Chaque patient ayant un médecin de famille pourra y avoir accès, ou à un autre médecin du groupe, dans un délai de 36 à 72 heures en fonction de ses besoins cliniques. De plus, les patients sans médecin de famille pourront avoir accès à un professionnel de la santé dans un délai « raisonnable » grâce au Guichet d’accès à la première ligne (GAP), un système qui sera progressivement implanté partout au Québec.

Cet accord, auquel souscriront les médecins omnipraticiens sur une base volontaire, a fait le bonheur du président de la FMOQ, le Dr Marc-André Amyot. « C’est une entente de collaboration, une entente où les deux parties vont travailler ensemble, sans pénalités, menaces ou obligations », s’est-il réjoui en entrevue au Devoir.

Coopération interprofessionnelle

L’entente favorise la coopération entre les différents corps de métiers œuvrant dans le milieu de la santé, un point central des revendications de la FMOQ. « On ne peut plus assumer l’ensemble des besoins de la population, alors qu’on a une pénurie de 1000 omnipraticiens », souligne le Dr Amyot. Le GAP permettra donc « d’évaluer les besoins du patient et de déterminer le meilleur professionnel pour y répondre », comme une infirmière ou un pharmacien, précise-t-il. « On a mené un projet-pilote dans le Bas-Saint-Laurent, et environ 50 % des patients ont été dirigés vers d’autres professionnels. »

Un autre point central de l’annonce, aux yeux du médecin, est que l’entente entre la FMOQ et le gouvernement va permettre de « s’asseoir et de voir les problèmes auxquels font face les médecins », notamment en ce qui a trait aux plateaux techniques d’investigation des patients, aux ressources en santé mentale et aux difficultés d’accès à la deuxième ligne, soit les médecins spécialistes.

Afin d’accélérer l’accès aux médecins omnipraticiens, ceux-ci ainsi que les Groupes de médecine familiale (GMF) devront « donner des plages horaires supplémentaires de rendez-vous », a confirmé le ministre Dubé. Une mesure accueillie favorablement par le Dr Amyot : « Déjà beaucoup de GMF avaient commencé à rendre disponibles un plus grand nombre de plages horaires pour les patients sans médecins de famille. On fait le pari que ceux qui en offraient déjà pourront en offrir davantage, puisque ce sera mieux structuré. »

Toutes les mesures comprises dans l’entente demeurent sur une base volontaire pour les médecins, mais le président de la FMOQ se déclare « convaincu » que la majorité y souscrira. « Ceux qui disent “je ne suis plus capable”, on ne les sollicitera pas davantage, mais plusieurs diront “je suis prêt à participer et même à revoir ma manière de pratiquer”. »

Dans les deux prochaines semaines, le président de la FMOQ sillonnera le Québec afin de rencontrer les médecins et de leur présenter les détails de l’entente. « Nous allons leur recommander de voter pour [l’entente] », précise-t-il.

Certaines tensions entre le gouvernement et la FMOQ demeurent toutefois au sujet du projet de loi 11, qui vise à augmenter et à améliorer l’offre de services de première ligne par les médecins omnipraticiens. Plusieurs clauses suscitent de la grogne parmi eux.

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