37,7 millions pour les guichets d’accès à la première ligne

Ces bureaux visent à venir en aide aux quelque 990 000 Québécois en attente d’un médecin de famille.
Photo: iStock Ces bureaux visent à venir en aide aux quelque 990 000 Québécois en attente d’un médecin de famille.

Les guichets d’accès à la première ligne (GAP) destinés aux Québécois sans médecin de famille coûteront près de 37,7 millions de dollars cette année. Il s’agit du « montant annuel » octroyé aux CIUSSS et aux CISSS pour cette initiative, a indiqué au Devoir le ministère de la Santé et des Services sociaux.

Les GAP visent à faire en sorte que les quelque 990 000 Québécois inscrits au guichet d’accès à un médecin de famille (GAMF) puissent obtenir une consultation auprès d’un professionnel de la santé (infirmière, pharmacien, médecin) lorsqu’ils en ont besoin. Le gouvernement espère, grâce à leur aide, désengorger les urgences des hôpitaux.

Le ministère affirme avoir d’abord réparti 35 millions de dollars entre les CIUSSS et les CISSS en fonction du nombre de personnes en attente au GAMF dans leur territoire respectif. « Ensuite, un montant supplémentaire de 2,6 millions de dollars a été accordé à quatre régions qui ont fait la démonstration d’un besoin financier accru », précise la porte-parole Marjorie Larouche.

Intervenir en amont

Le CIUSSS du Centre-Ouest-de-l’Île-de-Montréal fait partie de ceux ayant obtenu davantage d’argent. À la fin février, il comptait 29 498 patients inscrits au GAMF ; Québec lui a alloué 2 011 019 $. Le montant est destiné à son GAP, en fonction depuis janvier, mais aussi à un programme de « services transitoires » offert aux patients orphelins.

La centrale du GAP, ouverte sept jours sur sept, a reçu jusqu’à présent « 20 000 appels qui ont entraîné  environ 10 000 rendez-vous avec des médecins », selon Christine Touchette, directrice des services intégrés de première ligne de ce CIUSSS. En parallèle, l’établissement de santé contacte les personnes inscrites au GAMF pour s’enquérir de leur état de santé. « On a une équipe d’infirmières et d’infirmières praticiennes spécialisées qui vont voir les usagers ayant certains problèmes, précise Christine Touchette. Elles leur font passer des tests de dépistage pour l’hypertension et le diabète, par exemple. »

Le CISSS des Îles-de-la-Madeleine a aussi eu droit à un financement rehaussé. À la fin février, il comptait 1219 patients en attente d’un médecin de famille au GAMF. Deux médecins prendront leur retraite prochainement, mais la région doit en accueillir cinq l’automne prochain. « On ne savait pas, aux Îles, s’il allait y avoir beaucoup de monde [ou] pas de beaucoup de monde [au GAP], explique le directeur des services professionnels et hospitaliers du CISSS, le Dr Serge Gravel. On s’est dit à ce moment-là : on va essayer de s’enligner sur deux jours d’infirmière et l’équivalent de deux jours de secrétariat. »

Le montant initialement alloué par le ministère de la Santé était insuffisant pour l’embauche de deux employés ; le CISSS a finalement obtenu 89 260 $. « L’infirmière, probablement [qu’elle va travailler] quatre matinées au lieu de deux jours pleins et rien après ça », dit le Dr Gravel. Les patients orphelins pourront donc recourir au GAP quatre jours par semaine. Le guichet doit entamer son rodage en juin pour être pleinement fonctionnel en septembre.

Clientèle vulnérable

Québec a aussi accordé un montant supplémentaire au CISSS du Bas-Saint-Laurent, où se déroule le projet pilote du GAP jusqu’en novembre, ainsi qu’au CIUSSS du Centre-Sud-de-l’Île-de-Montréal. L’organisation de santé recensait 44 115 inscrits au GAMF à la fin février ; il a reçu 2 417 842 $ du ministère.

Sa directrice adjointe par intérim des services généraux et de la santé publique territoriale, Nadine Bergeron, explique que le loyer du GAP augmentera parce qu’il est situé au centre-ville de la métropole. Sa clientèle est aussi « plus vulnérable », indique-t-elle, et des employés devront être embauchés. « Il ne faut pas oublier tous les systèmes de téléphonie et informatiques qui doivent se parler, ajoute Nadine Bergeron. Il y a des coûts associés à ça. »

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