Les femmes sont plus à risque de souffrir de la COVID longue durée

En général, les femmes souffrent davantage des symptômes « neuropsychiatriques » de la COVID longue durée, comme la dépression, l’anxiété ou la fatigue chronique.
Photo: Marie-France Coallier Le Devoir En général, les femmes souffrent davantage des symptômes « neuropsychiatriques » de la COVID longue durée, comme la dépression, l’anxiété ou la fatigue chronique.

Les femmes ont « jusqu’à deux fois plus » de risques de souffrir de la « COVID-19 longue durée » que les hommes, révèle une revue de littérature scientifique menée par un groupe international de chercheurs.

Sur 32 articles scientifiques à ce sujet, 26 « rapportaient une différence significative entre les sexes dans l’apparition de symptômes de la COVID longue durée », indique l’analyse publiée dans l’Italian Journal of Gender-Specific Medicine.

En général, les femmes souffrent davantage des symptômes « neuropsychiatriques » de la COVID longue durée, comme la dépression, l’anxiété ou la fatigue chronique.

La neurologue canadienne et professeure à l’Université de Toronto Maria Carmela Tartaglia, qui a cosigné cette étude, considère ces résultats comme « doublement surprenants », car, si les femmes sont plus touchées par la COVID longue durée que les hommes, ceux-ci sont à l’inverse plus à risque de mourir de la maladie ou de souffrir de complications graves.

« On ne comprend pas vraiment pourquoi il y a cette différence, concède-t-elle au Devoir, mais la différence entre les sexes est évidente. » Selon son étude, « le risque de développer une COVID longue est jusqu’à deux fois plus élevé chez les femmes que chez les hommes ».

Quelques suspects figurent toutefois au banc des accusés. Les hormones femelles, telles que l’œstrogène et la progestérone, pourraient jouer un rôle, car c’est le cas dans d’autres maladies auto-immunes déjà connues. L’étude publiée récemment indique par ailleurs que, après 60 ans, la différence entre les sexes s’estompe, ce qui pourrait confirmer le rôle des hormones. « Après la ménopause, ça change », relève Mme Tartaglia, également membre du Women’s Brain Project.

Les femmes sont aussi plus prédisposées à souffrir de ces maux psychologiques, ajoute-t-elle.

Elle souligne aussi que le « genre », et non pas seulement le « sexe », est à prendre en compte, car les facteurs sociaux et les types de métiers traditionnellement féminins pourraient contribuer à accentuer le syndrome de la COVID longue durée.

« On a plus de questions que de réponses en ce moment, admet-elle. C’est en tout cas un virus qui nous fait nous rendre compte de l’importance du sexe et du genre dans l’étude de la maladie, parce que ça a un gros impact. »

Ce texte est tiré de notre infolettre « Le courrier du coronavirus » du 11 avril 2022. Pour vous abonner, cliquez ici.



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