Une enquête évaluera la prévalence du syndrome post-COVID au Canada

L’enquête sera menée auprès de 100 000 personnes choisies au hasard dans les dix provinces canadiennes. 
Photo: Graham Hughes La Presse canadienne L’enquête sera menée auprès de 100 000 personnes choisies au hasard dans les dix provinces canadiennes. 

Après avoir estimé le nombre de Canadiens ayant développé des anticorps à la suite d’une infection ou de la vaccination contre la COVID-19, en 2021, Statistique Canada lance une deuxième enquête, qui visera notamment à évaluer la prévalence du syndrome post-COVID ainsi que l’accès aux soins durant la pandémie.

Menée par Statistique Canada, l’Agence de la santé publique du Canada et le Groupe de travail sur l’immunité face à la COVID-19 (GTIC), cette deuxième phase de l’Enquête canadienne sur la santé et les anticorps contre la COVID-19 (ECSAC) prévoit d’interroger 100 000 personnes âgées de 18 ans et plus, choisies au hasard dans les dix provinces canadiennes. Les personnes sollicitées seront invitées à répondre à un questionnaire électronique portant sur leur état de santé général, les infections covidiennes qu’elles ont eues et les symptômes qui en ont découlé, leur statut vaccinal, ainsi que les difficultés qu’elles auraient eu à obtenir des soins de santé.

Les répondants recevront aussi un kit d’analyse par gouttes de sang séché qui détecte la présence d’anticorps contre le SRAS-CoV-2 qui auraient été produits à la suite d’un épisode de COVID-19 ou de la vaccination. « Comme nous connaîtrons les dates de l’infection et/ou de l’administration des différentes doses de vaccin, nous pourrons voir si les anticorps déclinent ou pas », précise la Dre Catherine Hankins, coprésidente du GTIC.

« Toutes les informations et les données biologiques qui seront fournies par les participants seront cryptées, sécurisées, anonymisées et donc confidentielles. Et ces derniers pourront recevoir les résultats des tests d’anticorps et de dépistage PCR », explique la Dre Hankins.

L’enquête qui commence cette semaine permettra d’estimer la prévalence de la COVID longue durée au sein de la population canadienne, car, pour le moment, on n’a aucune idée du nombre de personnes qui en sont atteintes. « On cherchera à savoir si les répondants ont eu du mal à avoir accès à des soins pour leurs symptômes persistants de la COVID-19, mais aussi pour tout autre problème de santé, étant donné qu’on a donné la priorité à la télémédecine et que certains avaient peur d’aller à l’hôpital. Nous voulons avoir une idée de l’impact de la pandémie sur l’accès aux soins », affirme la Dre Hankins.

Évaluer la sixième vague

Le 18 mars dernier, 33 333 lettres d’invitation ont été envoyées, dont 5166 au Québec. Puis le questionnaire et le kit d’analyse ont été mis à la poste le 1er avril.

Lors des deuxième et troisième séries d’invitations qui devraient être lancées respectivement en mai (5633 au Québec) et en juin (5633), on ajoutera un kit destiné à prélever un échantillon de salive avec lequel sera effectué un test PCR, ce qui permettra de détecter le virus de la COVID-19 et ainsi de dénombrer les « infections actives ». « Ce test nous permettra de trouver entre autres les personnes asymptomatiques qui n’auraient probablement jamais passé de test de dépistage. Ces données nous donneront une meilleure idée du nombre d’infections actives [alors qu’on effectue de moins en moins de tests PCR] », précise la Dre Hankins.

« Étant donné que de nombreux membres de la population canadienne vaccinés ne présentent que des symptômes légers, voire aucun, les taux d’hospitalisation ne nous donnent pas une image complète de la COVID-19 au Canada. Cette enquête nous fournira une bonne estimation du nombre de Canadiens et Canadiennes qui ont déjà eu la COVID-19 ou qui sont atteints d’une infection aiguë. Ces données nous aideront à faire un meilleur portrait de cette sixième vague et elles aideront les gouvernements à prendre des décisions adéquates en matière de stratégies et de mesures de santé publique comme maintenir les masques », affirme la Dre Hankins.

Alors qu’il est devenu difficile d’estimer le nombre d’infections dans la population à partir du taux de positivité des tests PCR, des congés de maladie chez les travailleurs de la santé et du nombre d’hospitalisations et de personnes aux soins intensifs, l’analyse des eaux usées permet une « détection très précoce » de la circulation du virus, relève la Dre Hankins. « Près de 60 % de la population canadienne est couverte par ce système de surveillance, et on espère l’accroître à 80 % d’ici la fin de l’année », indique-t-elle tout en soulignant que ce système nous « avertit très tôt que le virus circule et il nous précise avec quelle intensité et de quel variant il s’agit. Il nous fournit un signal avant même que les gens soient déclarés positifs et hospitalisés ».

Chaque participant à l’étude représentera toute une population semblable en âge, en genre et en lieu de résidence à travers les dix provinces canadiennes. Ce qui permettra d’effectuer des comparaisons (sur le plan des anticorps et des infections actives) entre les provinces.



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