Le CIQ recommande «une nouvelle stratégie vaccinale»

L’« objectif prioritaire » des membres du CIQ réside dans « la prévention des décès, des hospitalisations et des COVID-19 longues ».
Paul Chiasson La Presse canadienne L’« objectif prioritaire » des membres du CIQ réside dans « la prévention des décès, des hospitalisations et des COVID-19 longues ».

Au lendemain du feu vert de la Santé publique pour l’injection des quatrièmes doses de vaccin contre la COVID-19, le Comité sur l’immunisation du Québec (CIQ) s’est prononcé sur la « stratégie vaccinale » à adopter pour « optimiser le contrôle de la COVID-19 à plus long terme ».

« Plutôt que de vacciner le plus rapidement possible le maximum de personnes avec le nombre le plus élevé possible de doses, une vision à plus long terme doit être envisagée dans une optique de transition d’une situation épidémique à une situation endémique », soutiennent les experts québécois dans leur avis d’une vingtaine de pages.

D’autant plus que « l’implantation rapide d’un programme d’immunisation avec 2 doses de rappel présente peu d’avantages », selon eux. Les nouveaux traitements antiviraux, l’espoir de nouvelles générations de vaccins et l’éventualité d’un nouveau variant pourraient contrecarrer toute décision trop hâtive, disent-ils.

L’« objectif prioritaire » des membres du CIQ réside dans « la prévention des décès, des hospitalisations et des COVID-19 longues ». Puisque ces complications se retrouvent surtout chez les gens âgés, le quatrième renfort immunitaire doit donc surtout viser cette catégorie de personnes.

En effet, près de 95 % des décès de personnes hospitalisées surviennent chez les 60 ans et plus. Ces derniers représentent les deux tiers des Québécois hospitalisés pour la COVID-19.

Non seulement le besoin d’une nouvelle dose augmente avec l’âge, mais « plus on avance en âge, plus l’acceptabilité [de la 4e dose] progresse », observe par ailleurs le président du CIQ, le Dr Nicholas Brousseau, en entrevue au Devoir. Il rappelle que la troisième dose est encore très efficace, et que Québec ne doit pas négliger les trois premières injections. « Trois doses fonctionnent très bien et protègent à 90 % contre le variant Omicron, dit-il. Ça coupe de dix fois notre risque d’avoir un problème sérieux. »

Étant donné la résurgence actuelle des contaminations, le CIQ juge « justifiable » de déployer « rapidement » la quatrième dose auprès des personnes âgées, comme Québec l’annoncé mercredi. Mais advenant un nouveau variant encore plus virulent ou un affaiblissement de l’immunité dans la population, il est « très vraisemblable » qu’une deuxième dose de rappel soit nécessaire pour davantage d’individus.

Dans ce cas, une campagne de vaccination avant la rentrée scolaire devra être envisagée, car les contacts à l’école provoquent une hausse des contaminations. L’autre option consisterait à combiner les injections annuelles contre la grippe saisonnière avec celles contre la COVID-19. Cette façon de faire « présenterait des avantages notables en termes d’acceptabilité et de faisabilité ». De plus, les deux produits visent le même type de clientèle vulnérable, selon les experts.

L’intervalle de trois mois ou plus proposé entre une infection et la vaccination devrait également s’appliquer pour le deuxième rappel. Le Dr Brousseau s’attend à « proposer cet été des paramètres plus précis » concernant ce nouvel élan sanitaire.

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