Traitement - Difficile parcours digestif

Les maladies inflammatoires de l'intestin sont plus fréquentes qu'on ne le croit. Selon les plus récentes données, on estime qu'environ 175 000 Canadiens en souffrent, ce qui en fait l'un des taux les plus élevés au monde.

«Une maladie inflammatoire de l'intestin n'est pas seulement un bobo au ventre», explique Lynn Baudart, directrice régionale pour le Québec de la Fondation canadienne des maladies inflammatoires de l'intestin (FCMII). En effet, les maladies inflammatoires de l'intestin peuvent entraîner des complications qui viennent transformer considérablement la vie de ceux qui en sont atteints.

Il existe deux maladies inflammatoires de l'intestin: la maladie de Crohn et la colite ulcéreuse. Ces deux maladies sont semblables mais distinctes. En général, elles se déclarent chez des personnes âgées entre 15 et 25 ans ou entre 45 et 55 ans, mais on peut en être atteint à n'importe quel âge. «Il arrive que l'on diagnostique même la maladie chez des bébés.»

Le sexe et la race ne sont pas des facteurs déterminants. Par contre, ces maladies sont plus fréquentes en Amérique du Nord et en Europe septentrionale, bien qu'on en trouve un peu partout dans le monde. Les membres de la famille d'une personne atteinte sont plus susceptibles de développer ces maladies, ce qui laisse croire à un lien génétique.

Causes mal définies

On ne connaît pas les causes de ces maladies mais on sait que c'est le système immunitaire qui s'emballe et déraille en s'attaquant à des tissus sains, provoquant du même coup l'inflammation, la formation d'ulcères et les saignements. Les principaux symptômes associés à ces maladies sont les douleurs abdominales, les crampes, la fatigue, la fièvre et la diarrhée.

La maladie de Crohn peut s'attaquer à tout le système digestif de la bouche à l'anus mais, le plus souvent, elle s'attaque à l'iléon et au côlon. Les lésions sont discontinues parce que les zones d'inflammation sont entrecoupées de tissus sains. L'inflammation peut traverser toutes les couches du tissu intestinal. On ne peut pas guérir la maladie de Crohn mais on peut en soulager les symptômes.

La colite ulcéreuse s'attaque uniquement au côlon et à une seule couche du tissu intestinal, la muqueuse. La maladie se déclare presque toujours au rectum pour ensuite se propager de façon continue dans le reste du côlon. Elle se contrôle à l'aide de médicaments et disparaît à la suite de l'ablation chirurgicale du côlon.

Ces deux maladies évoluent par crises, suivies de périodes de rémission qui peuvent durer de quelques semaines à quelques années. La gravité des maladies inflammatoires de l'intestin varie grandement d'un individu à l'autre. Dans les cas les plus graves, elles peuvent entraîner des complications, comme des fissures et des occlusions, nécessitant l'hospitalisation et l'intervention chirurgicale.

Certaines personnes atteintes de ces maladies souffrent aussi d'arthrite. Les individus qui souffrent depuis plus de dix ans d'une maladie inflammatoire de l'intestin sont plus susceptibles de développer un cancer colorectal. On recommande donc à ces personnes de subir régulièrement un examen de l'intestin par coloscopie. Si le diagnostic est précoce, la plupart des personnes atteintes d'un cancer colorectal en guérissent.

Traitements connus

Il existe de nombreux médicaments pour contrôler la maladie de Crohn et la colite ulcéreuse. Ces médicaments visent à réduire l'inflammation du tube digestif, à réduire les symptômes, comme les crampes et la diarrhée, et à traiter les complications possibles.

Les anti-inflammatoires sont les médicaments les plus souvent prescrits. Les deux plus courants sont la sulfasalazine et le 5-aminosalicylate. Ces deux médicaments servent à réduire l'inflammation et la diarrhée dans les cas les moins graves de ces maladies. Dans les cas plus graves, on prescrira plutôt un stéroïde, le glucocorticoïde, plus efficace pour traiter l'inflammation.

On utilise aussi les immunosuppresseurs telle la cyclosporine en remplacement des corticoïdes. Des antibiotiques à large spectre peuvent aussi être prescrits pour éviter certaines complications dues à des bactéries qui sont capables de pénétrer dans le tissu intestinal lorsque le côlon est enflammé.

L'infliximab, connu sous le nom de Remecade, est un nouveau médicament sur le marché pour traiter la maladie de Crohn. Il est conçu pour bloquer l'action d'une protéine qui intervient dans le processus inflammatoire. Il est administré par perfusion intraveineuse et on le prescrit uniquement dans le cas où les malades ne réagissent pas aux autres médicaments.

Dans les cas les plus graves, lorsque les médicaments ne suffisent plus, l'intervention chirurgicale demeure la seule solution. On procède alors à l'ablation partielle ou totale du côlon, incluant parfois le rectum et l'anus. Dans ce dernier cas, on pratique une stomie à laquelle on raccorde l'intestin grêle et le patient doit porter un sac afin de recueillir les déchets.

Alimentation

Il n'existe pas le lien de cause à effet entre l'alimentation et les maladies inflammatoires de l'intestin. Par contre, les personnes atteintes de ces maladies doivent porter une attention toute spéciale à leur alimentation.

C'est que la malnutrition guette les personnes atteintes de ces maladies. En effet, lorsque l'intestin est enflammé, il absorbe moins bien les nutriments. C'est cette malabsorption qui cause la malnutrition. «De plus, explique Lynn Baudart, les personnes en crise n'ont pas d'appétit et mangent moins.»

Pour contrer cet effet, il est donc important de s'assurer que le régime alimentaire des personnes atteintes est suffisamment riche en hydrates de carbone, en protéines et en matières grasses. Le régime alimentaire doit aussi être riche en fibres, ce qui aide à prévenir les diarrhées. Dans certains cas, la prise de suppléments de vitamines et de minéraux est conseillée.

Une percée

Selon Lynn Baudart, les recherches dans le domaine des maladies inflammatoires de l'intestin sont nombreuses et l'on peut s'attendre dans les années à venir à une meilleure compréhension de ces maladies. Récemment, une recherche financée par la FCMII a permis de déterminer un gène situé sur le chromosome 5 qui, lorsque défectueux, pourrait favoriser l'apparition de la maladie de Crohn.

«Dans un premier temps, cette découverte permettra d'élaborer un test de dépistage plus efficace», précise Lynn Baudart. Elle espère aussi que les percées dans le domaine de la génétique permettront, un jour pas si lointain, de développer un médicament curatif pour ces deux maladies.
1 commentaire
  • Marie-Michelle Richard - Inscrite 3 novembre 2007 18 h 18

    Maladie de Crohn

    J'ai la maladie de crohn depuis déja 3 ans...
    J'ai lu l'article et elle résume assez bien ce que c'est sauf que c'est beau les stéroides communément appelé *Cortisone*, mais dans mon cas j'ai du en prendre pendant 1 ans pour donner comme résultat une nouvelle garde-robe ainsi que le corps remplie de de vergetures en raison de l'enflure que celle-ci donne! Aujourd'hui, je n'en prends plus, mais je dois encore me soumettre aux imunosuprésseurs ce qui fait que je suis en arrêt de travail parce que je suis dans le domaine de la santé et que mon système ne se défend plus contre rien!Résultat, je suis prise dans cette univers de *merde* sous tous les sens du therme et j'espère que que le médicament curatif sera sur le marché bientôt!!!!

    Marie