Les cas de COVID-19 explosent en Gaspésie et aux Îles-de-la-Madeleine

La COVID-19 se propage à la vitesse de l’éclair en Gaspésie et aux Îles-de-la-Madeleine. La région trône au sommet pour le nombre de cas actifs par 100 000 habitants au Québec. Le directeur régional de santé publique de la région, Yv Bonnier-Viger, estime qu’il est « assez probable » que le variant BA.2 soit responsable de l’« augmentation importante » des infections.

La vague Omicron a frappé plus tard et moins fort la Gaspésie et les Îles-de-la-Madeleine cet hiver. « On n’avait pas eu beaucoup de cas, explique le Dr Yv Bonnier-Viger. On a eu un grand plateau ensuite. Il est possible qu’on offre au BA.2 un terrain fertile. Comme il est déjà beaucoup plus contagieux que le BA.1, ça pourrait expliquer cette espèce d’explosion de cas. »

Une hypothèse « plausible », selon lui, mais qu’on ne peut confirmer pour le moment.

Le Laboratoire de santé publique du Québec effectue le séquençage des cas dans la province. Des laboratoires sentinelles procèdent au criblage. « Ce qu’on nous a dit, c’est qu’on n’avait pas la capacité — en tout cas, on ne l’avait pas encore — de pouvoir nous dire, par région, si c’était bien ça [le BA.2] », indique le Dr Bonnier-Viger.

Il y a une dizaine de jours, la Santé publique signalait que plus de 10 % des cas de COVID-19 au Québec étaient maintenant associés au sous-variant BA.2.

L’augmentation des cas est particulièrement importante dans la MRC du Rocher-Percé et aux Îles-de-la-Madeleine. Leurs taux de cas actifs par 100 000 habitants sont respectivement de 1327 et de 1287,8, juste derrière celui de la MRC de la Minganie (1831), sur la Côte-Nord, le pire score au Québec.

Malgré tout, le Dr Bonnier-Viger n’est « pas trop inquiet ». « Nos hospitalisations n’augmentent pas trop, précise-t-il. Et on n’a pas plus de monde aux soins intensifs qu’on en avait. » Cette tendance s’observe aussi à l’échelle de la province, qui enregistre actuellement « une légère augmentation » des cas de COVID-19, fait-il remarquer.

Il reste que, dans le contexte, le Dr Bonnier-Viger juge que ce ne « serait pas une bonne idée » de lever maintenant l’obligation du port du masque. « Je ne pense pas qu’il y ait une décision qui doive être prise avant la mi-avril de toute façon, estime-t-il. On verra bien comment le virus va évoluer pendant ce temps-là. »

En Gaspésie et aux Îles-de-la-Madeleine, 85,7 % des gens âgés de cinq ans et plus sont adéquatement vaccinés, selon les plus récentes données de l’Institut national de santé publique du Québec.

D’autres régions touchées

Le virus se propage aussi dans le Bas-Saint-Laurent, où 82,9 % des personnes de cinq ans et plus sont adéquatement vaccinées. Son directeur régional de santé publique, le Dr Sylvain Leduc, indique que le taux de positivité oscille, depuis quelques semaines, entre 11 et 15 %. Selon lui, le nombre d’hospitalisations demeure sur un « plateau », contrairement à d’autres régions, comme Montréal et Laval, qui ont enregistré des baisses au cours des dernières semaines.

Le directeur régional ne manifeste pas d’inquiétude, mais rappelle à la population que la maladie n’a pas disparu. « On commence à entrer dans la zone du “10 jours post-levée des mesures”, affirme le Dr Leduc. On s’attendait à ce qu’il y ait un court rebond, à ce qu’il y ait une hausse. Qui va durer combien de temps ? On l’ignore. C’est ce qu’on doit surveiller en ce moment. »



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