La quatrième dose contre la COVID-19 est-elle efficace ?

Jacques Nadeau Le Devoir

La quatrième dose de vaccin contre la COVID-19 est « sécuritaire » et « quelque peu efficace », surtout chez les plus âgées et les plus vulnérables, selon les premières données scientifiques en provenance d’Israël.

Québec emboîtera prochainement le pas à plusieurs pays d’Europe en autorisant l’injection d’une quatrième dose contre la COVID-19. Le directeur national par intérim de santé publique, le Dr Luc Boileau, doit en faire l’annonce cette semaine.

Une première étude sur le sujet a été publiée dans le New England Journal of Medicine. On y précise que cette deuxième dose de rappel est surtout efficace contre les symptômes de la COVID-19, et non pas contre les infections. Cette quatrième dose est destinée aux personnes âgées et immunosupprimées.

« Au début, ils disaient que ça n’augmentait pas beaucoup [la protection], parce qu’on suivait les anticorps. Quand on a commencé à suivre les hospitalisations et tout ça, [les bénéfices] étaient clairs », fait remarquer André Veillette, chercheur en immunologie à la Faculté de médecine de l’Université de Montréal.

« Nos résultats indiquent que l’immunogénicité maximale des vaccins à ARNm est atteinte après trois doses et que les niveaux d’anticorps peuvent être restaurés par une quatrième dose », mentionne-t-on dans l’article scientifique.

« Moi, si j’avais l’option d’une 4e dose à l’automne, j’irai la chercher, ajoute le Dr Veillette. J’ai 62 ans. Mon neveu dans la trentaine ? Peut-être pas. »

Cette étude israélienne, pas encore révisée par les pairs, se base sur des données recueillies auprès de 600 travailleurs de santé, dont 270 ont reçu une quatrième dose de vaccin de Pfizer ou de Moderna quatre mois après avoir reçu leur troisième dose. Les résultats ont été compilés alors que le variant Omicron circulait à grande échelle dans le pays.

Cette quatrième dose est déjà offerte aux plus âgés et aux plus vulnérables dans plusieurs pays : au Danemark, en Espagne, en Allemagne, en Suède, en Angleterre et en France. Au Québec, seules les personnes de plus de 80 ans devraient être autorisées à recevoir cette injection.

Le Dr André Veillette voit là un bon signe de la Santé publique québécoise et espère que cette nouvelle dose sera déployée plus rapidement que la troisième dose à l’automne dernier.

Ce texte est tiré de notre infolettre « Le courrier du coronavirus » du 21 mars 2022. Pour vous abonner, cliquez ici.



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