Aux portes d’un retour à la normalité

Le déconfinement progressif n’a pas un impact majeur et il est temps d’arrêter d’évoquer des scénarios catastrophiques, selon le Dr Karl Weiss. 
Photo: Valérian Mazataud Le Devoir Le déconfinement progressif n’a pas un impact majeur et il est temps d’arrêter d’évoquer des scénarios catastrophiques, selon le Dr Karl Weiss. 

Le retour à une normalité post-pandémique est en vue, selon le microbiologiste et chef de la division des maladies infectieuses de l’Hôpital général juif, Karl Weiss.

Invité par la Chambre de commerce du Montréal métropolitain, mercredi, le docteur Weiss a dressé un état de la situation plutôt optimiste qui laisse entrevoir les mesures qui seront dorénavant requises pour « vivre avec le virus », comme le veut maintenant l’expression consacrée.

Karl Weiss note que le déconfinement progressif ici comme ailleurs n’a pas un impact majeur et qu’il est temps, dit-il, d’arrêter d’évoquer des scénarios catastrophiques en lien avec ce déconfinement, dont le caractère progressif a justement permis de maintenir le mouvement à la baisse des hospitalisations.

Il ne sera donc plus de mise de parler de « vagues » lorsque viendra une éventuelle « COVID 6.0 », selon son expression, mais bien d’une situation endémique, au même titre que pour la grippe. Il précise cependant que le concept traditionnel d’immunité collective ne s’applique plus dans le cas de la COVID-19. L’exposition massive au virus et la vaccination d’une écrasante majorité de la population font en sorte que les gens continueront probablement à contracter le virus, mais qu’ils seront moins malades et moins souvent hospitalisés, et qu’il ne sera plus nécessaire de « fermer la société ».

De plus, il a fait état d’une série de traitements de la maladie qui sont en préparation, ce qui aidera grandement à réduire l’impact d’une infection chez les citoyens.

Selon lui, il faudra toutefois éviter de considérer la COVID-19 comme la nouvelle influenza. Il rappelle que la COVID a des effets inflammatoires plus graves que l’influenza, qu’elle présente des risques de ce qu’il est maintenant convenu d’appeler la COVID longue durée, que la mortalité est plus élevée avec ce virus et qu’il se transmet par aérosols, donc sur une distance beaucoup plus grande que l’influenza. Il semble probable, selon lui, qu’il devra y avoir des vaccinations de rappel dans l’avenir, mais celles-ci seront vraisemblablement davantage ciblées vers les clientèles à risque.

La dernière vague a mis en lumière la nécessité d’ajouter davantage de flexibilité au réseau hospitalier québécois, celui-ci comptant moins de lits par habitant que dans la quasi-totalité des pays développés. Karl Weiss estime également qu’il faudra instaurer un système d’alerte précoce, un dépistage plus démocratique, possiblement en milieu de travail, et des cliniques externes qui seraient uniquement consacrées au traitement de la COVID.



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