L’origine animale de la COVID-19 ne fait presque plus de doute

L’hypothèse de l’origine animale du coronavirus ne fait pratiquement plus de doute. Deux études remarquables démontrent — photos et graphiques à l’appui — que c’est une zoonose au marché d’animaux vivants de Wuhan, en Chine, qui a déclenché la plus grande pandémie depuis près d’un siècle.

Un groupe de chercheurs internationaux a récemment publié deux études qui soutiennent l’hypothèse de la transmission du SRAS-CoV-2 d’un animal à l’humain, comme on le soupçonnait depuis le début.

Dans l’une d’elles apparaissent les photos des animaux qui seraient les ultimes responsables de la transmission à l’humain. Ces clichés ont été pris le 3 décembre 2019 par un citoyen chinois inquiet de l’évidente maltraitance : chiens, renards, rats, blaireaux, sangliers, fouines, oiseaux et porcs-épics s’entassent les uns par-dessus les autres dans des cages insalubres. Fait à noter : un des chercheurs de l’étude avait photographié l’endroit en 2014, car ce marché se trouvait déjà à l’époque sur le radar des épidémiologistes en tant que source probable de zoonose.

Pour en arriver à tracer un lien entre ces images et l’épicentre de la contagion, les scientifiques se sont basés sur des données gardées secrètes par les autorités chinoises. Ces informations (qui ont fuité par la suite) renseignent sur la présence ou non du SRAS-CoV-2 parmi quelque 600 échantillons récoltés sur plus d’une centaine de kiosques du marché au tout début de la pandémie.

Les graphiques publiés sont clairs. Les premières traces de ce coronavirus se concentrent autour des kiosques où se trouvaient ces animaux en cage. L’étude identifie même la sous-section du marché où les premières contaminations sont apparues. Il s’agit du même coin photographié en 2014 par l’un des auteurs de l’étude.

« Nous ne pouvons pas être certains [de l’espèce] la plus susceptible d’avoir été l’intermédiaire pour le virus », précisent les auteurs.

Ces recherches n’ont pas été révisées par les pairs, mais si elles se révèlent exactes, elles fournissent un éclairage précis sur les premiers moments de la pandémie.

Remonter à la source

Les spécialistes ont aussi retracé les deuxième, troisième et quatrième générations de personnes contaminées. En remontant cette chaîne de transmissions, tous les contacts pointent vers le marché de Wuhan comme étant l’origine de la contagion.

Les chercheurs ont également posé comme hypothèse que le virus aurait pu naître ailleurs dans la région — dans un laboratoire ou un autre marché d’animaux vivants — et que le marché en question ne serait en fait que le premier lieu d’éclosion. Or, la probabilité mathématique d’observer cette séquence de contaminations initiales sans que ledit marché ne soit la réelle source du virus est de 1 sur 10 millions, a précisé un des auteurs de l’étude à la radio publique américaine. « En science, on considère cela comme une preuve forte », a-t-il soutenu.

Dans l’autre étude, n’ayant elle aussi pas encore été révisée par les pairs, les spécialistes décortiquent la séquence génétique du SRAS-CoV-2 et pensent « fortement » que le virus a bel et bien été transmis à l’humain à partir d’une chauve-souris, par l’entremise d’un animal intermédiaire. Cette première contamination serait survenue aux alentours du 25 novembre 2019 et l’animal infecté aurait transmis le virus à deux personnes différentes.

En conclusion, les chercheurs soulignent l’importance de développer une « architecture de surveillance » propre à identifier toute maladie inconnue afin de contenir rapidement tout nouveau début de pandémie, mais aussi de déterminer d’avance les lieux où se vendent des animaux et où « les risques de transmission à l’humain sont les plus forts ».

 

Ce texte a été mis à jour après sa publication pour apporter plus de détails sur le sujet.

Ce texte est tiré de notre infolettre « Le courrier du coronavirus » du 7 mars 2022. Pour vous abonner, cliquez ici.



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