Une biopharmaceutique de Montréal planche sur un médicament anti-COVID

Deux enzymes protéolytiques sont responsables des complications chez ceux qui sont testés positifs à la COVID-19.
Photo: Tobias Schwarz Agence France-Presse Deux enzymes protéolytiques sont responsables des complications chez ceux qui sont testés positifs à la COVID-19.

La montréalaise Sunshine Biopharma vient de conclure une entente avec l’Université de l’Arizona pour étudier un inhibiteur d’une enzyme responsable des complications de santé liées à la COVID-19. Si les tests, qui n’en sont qu’à leur début, démontrent l’efficacité du médicament, la compagniebiopharmaceutique serait chargée de sa commercialisation.

Deux enzymes protéolytiques sont responsables des complications chez ceux qui sont déclarés positifs à la COVID-19, explique au Devoir le Dr Steve Slilaty, p.-d.g. de Sunshine Biopharma.

« Pour la première enzyme protéolytique [la Mpro], Pfizer a déjà développé des comprimés », indique M. Slilaty. En janvier, Santé Canada approuvait le Paxlovid, de Pfizer. Près de 120 000 traitements devraient être reçus au pays d’ici la fin mars.

« Pour notre part, nous travaillons sur l’autre enzyme [la PLpro], qui est responsable d’une suppression du système immunitaire qui cause des maladies graves [en lien avec la COVID-19] », précise le p.-d.g. Dès 2020, l’entreprise a déposé des brevets pour des inhibiteurs qui pourraient potentiellement freiner, voire bloquer, la libération de l’enzyme.

Pour mener les recherches, la société montréalaise annonçait en mars 2021 un financement de plus de 2 millions de dollars de RB Capital Partners sous forme de dette convertible.

Or, les tests n’en sont qu’à leur début. Il s’agit pour le moment d’études précliniques menées sur des souris. « Si les résultats sont concluants, dans six mois environ, nous pourrions commencer des études auprès d’humains », estime M. Slilaty. Dès lors, Sunshine Biopharma pourrait bénéficier « de la voie rapide » pour accélérer les tests cliniques et obtenir les autorisations nécessaires à une éventuelle commercialisation, ajoute-t-il.

« Nous avons besoin d’autant de médicaments ou de traitements que possible pour freiner les maladies graves qui sont liées à la COVID-19. Notre avantage, c’est que nous sommes les seuls à notre connaissance à travailler sur l’enzyme PLpro », indique-t-il.

L’entente conclue avec l’Université de l’Arizona donne à l’entreprise montréalaise le droit de commercialiser le médicament. En contrepartie, celle-ci devrait verser à l’université américaine des redevances qui, comme c’est généralement le cas dans l’industrie, graviteraient entre 3 % et 5 % des revenus.

À l’instar de nombreuses universités américaines, l’Université de l’Arizona peut compter sur la Tech Launch Arizona, une organisation dont la mission est, entre autres choses, d’établir des partenariats avec le secteur privé pour commercialiser les inventions et les découvertes.

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