Montréal en est à la fin de la cinquième vague de COVID-19

La Dre Mylène Drouin, directrice régionale de santé publique de Montréal, se dit «assez confortable» avec les allègements des mesures sanitaires annoncés.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir La Dre Mylène Drouin, directrice régionale de santé publique de Montréal, se dit «assez confortable» avec les allègements des mesures sanitaires annoncés.

La situation sanitaire s’améliore à Montréal. La métropole en est à la fin de la cinquième vague, selon les autorités de santé publique. Le pic aurait été atteint le 10 janvier. Environ 1,2 million de Montréalais auraient été infectés par le variant Omicron.

« Nous sommes dans une pente descendante depuis cinq semaines », a indiqué la Dre Mylène Drouin, directrice régionale de santé publique de Montréal, lors d’un point de presse mercredi. Elle était en compagnie de Sonia Bélanger, présidente-directrice générale du CIUSSS du Centre-Sud-de-l’Île-de-Montréal et présidente du centre de commandement de la COVID-19 dans la métropole.

Le taux de positivité atteint désormais 7 % dans la métropole. Les éclosions sont « beaucoup » moins nombreuses, selon la Dre Drouin. La Santé publique en dénombre 50 dans des milieux de vie pour aînés et une dizaine dans des milieux pour itinérants. Par ailleurs, 86 % des Montréalais de 70 ans et plus ont reçu leur troisième dose de vaccin.

Malgré tout, la directrice régionale de santé publique invite à la prudence. Le virus circule et le Québec n’est pas à l’abri d’un autre variant. La Dre Drouin s’est toutefois dite « assez confortable » avec les allègements sanitaires annoncés par Québec. À compter du 7 mars, les élèves du primaire et du secondaire n’auront plus à porter le masque lorsqu’ils seront assis en classe.

Questionnée à ce sujet, la Dre Drouin a souligné que les directeurs régionaux avaient été consultés à ce sujet par la Santé publique nationale. La levée du port du masque en classe présente plus d’avantages que d’inconvénients, a-t-elle expliqué. Elle a précisé que cette mesure bénéficierait notamment aux enfants ayant des problèmes d’apprentissage ou de langage. Elle a ajouté qu’« au moins 30 % » des élèves avaient été récemment infectés par la COVID-19.

Mais pourquoi enlever le masque au retour de la relâche scolaire et non plus tard ? La Dre Drouin a répondu que cette semaine de vacances constituera une période de transition pour les élèves puisqu’ils ne le porteront pas à la maison. Ils s’habitueront ainsi à fonctionner sans leur masque en classe. Le retrait de celui-ci pourrait « choquer » des jeunes, a-t-elle précisé.

Selon elle, le virus ne se propagera « pas nécessairement » davantage durant la relâche scolaire. En mars 2020, cette semaine de vacances « avait donné un élan à la première vague », a-t-elle convenu. Mais la relâche de 2021 « avait permis de réduire et d’atténuer la transmission dans les milieux scolaires », a-t-elle rappelé. « Les enfants se voient de toute manière entre amis en dehors des classes et ne portent pas des masques », a-t-elle relevé.

Le directeur national de santé publique du Québec, le Dr Luc Boileau, a eu l’occasion d’expliquer davantage sa décision lors d’un point de presse mercredi après-midi.

Moins de pression sur les hôpitaux

Pour les hôpitaux montréalais, la cinquième vague tire à sa fin, a annoncé lors du point de presse Sonia Bélanger. Les hospitalisations, qui ont atteint jusqu’à 1200 par jour en janvier, sont en forte baisse. L’heure est maintenant à la reprise des activités, notamment dans les cliniques externes et les services diagnostiques, a-t-elle poursuivi. Le délestage se situe au niveau 3. « Les blocs opératoires à Montréal sont à 86 % de leur capacité », a dit Sonia Bélanger.

  Près de 45 000 Montréalais sont en attente d’une chirurgie, dont 15 000 depuis plus d’un an. Beaucoup d’entre eux ont besoin d’une intervention en orthopédie, ophtalmologie ou urologie — ceux souffrant d’un cancer sont opérés dans un délai de 28 jours. « Notre cible va être de réduire de moitié [le nombre de patients en attente] d’ici avril 2023, a dit Sonia Bélanger. On espère atteindre 27 000 ou 28 000. Tout ça va dépendre des ressources humaines et de la disponibilité des plateaux techniques. »

Sonia Bélanger a rappelé que les établissements de santé avaient conclu des ententes avec des centres médicaux spécialisés, des cliniques privées qui réalisent des chirurgies d’un jour pour le compte du réseau public.

Dans les hôpitaux, du personnel sera ajouté dans les unités de chirurgie. Des postes ne sont d’ailleurs toujours pas comblés. « On est en train de regarder pour rentrer d’autres catégories d’employés [dans les blocs opératoires], a-t-elle dit. On peut mettre plus d’infirmières auxiliaires. »

Pour opérer les Montréalais en attente en moins de six mois, les CIUSSS montréalais doivent réduire leur liste d’attente à 25 000.

Sonia Bélanger a profité du point de presse pour annoncer le lancement de guichets d’accès destinés aux 400 000 Montréalais sans médecin de famille. En cas de problème de santé, ces derniers pourront contacter une centrale téléphonique qui les dirigera vers un groupe de médecine familiale. La mise en place de ces guichets est prévue pour septembre.

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