Des données rassurantes avant le retrait des masques

«Entre 35% et 40%» des enfants ont contracté la COVID-19 ces dernières semaines, a rapporté mercredi le Dr Luc Boileau.
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne «Entre 35% et 40%» des enfants ont contracté la COVID-19 ces dernières semaines, a rapporté mercredi le Dr Luc Boileau.

Omicron a frappé plus fort que prévu. Après une révision des calculs de la Santé publique, c’est « près de trois millions » de Québécois qui auraient attrapé la COVID-19 jusqu’à présent. Cette nouvelle estimation conforte les autorités dans leur volonté d’éliminer « graduellement » l’obligation du port du masque.

« Entre 35 % et 40 % » des enfants ont contracté la COVID-19 ces dernières semaines, a rapporté mercredi le directeur national de santé publique par intérim, le Dr Luc Boileau, en se basant sur une étude parue le même jour. Selon celle-ci, 32,5 % des enfants de 6 mois à 4 ans ont contracté la COVID-19 « au cours des derniers mois », tandis que 43 % des 5 à 11 ans ont été touchés par le virus.

L’immunité est encore plus imposante chez les 12-17 ans. « Lorsqu’on combine les adolescents ayant été vaccinés à ceux ayant fait l’infection naturelle, près de 97 % d’entre eux ont développé des anticorps [et donc obtenu] une protection au moins partielle contre la COVID-19 », estiment les chercheurs. Ils ont établi ces statistiques en analysant la composition du sang des patients traités au CHU Sainte-Justine.

Pour ce qui est de l’ensemble de la population, l’immunité naturelle toucherait maintenant quelque trois millions de Québécois, plutôt que l’estimation de deux millions annoncée il y a quelques semaines, a affirmé le Dr Boileau à la lumière de nouvelles extrapolations.

Il a ainsi dressé le portrait de la situation lors d’un point de presse, tenu en compagnie de la Dre Marie-France Raynault, conseillère médicale stratégique principale au ministère de la Santé.

« On s’approche d’une immunité qui croît avec la contagion et aussi la vaccination chez les gens qui veulent bien en bénéficier », a indiqué le Dr Boileau. L’immunité collective pourrait cependant ne jamais être atteinte, a-t-il nuancé, étant donné que la protection conférée par l’infection et le vaccin semble diminuer avec le temps. « C’est évident qu’il y a toujours des cas, mais nous croyons que la situation nous permet d’aller plus loin pour la question du port du masque chez les enfants. »

Tirer un trait sur les masques

La Santé publique travaille désormais sur un « plan de désescalade du port du masque » dans la société en général, a confirmé la Dre Raynault. Elle n’a pas avancé de dates précises, car les experts veulent « se donner une petite chance d’observer l’impact des assouplissements » avant d’établir un échéancier ferme.

« On ira selon le niveau de risque, a-t-elle expliqué. Le niveau de risque est moindre quand les gens sont assis, ne se déplacent pas et ne parlent pas ou peu. Donc, dans les endroits où les gens sont assis, comme dans les salles de spectacle, les salles de réunion, ça pourrait être une étape subséquente. Pour ce qui est des lieux publics, ça viendrait dans une autre étape, de même que les transports en commun […] on peut s’attendre [à ce que ce secteur] soit le dernier endroit où le masque sera enlevé. »

« Ce n’est pas impossible que ça aille très rapidement », a laissé tomber la Dre Raynault.

Déjà, à compter du 7 mars prochain, les masques ne seront plus obligatoires dans les classes des écoles primaires et secondaires. Les enseignants devront continuer à le porter s’ils s’approchent des élèves, mais pourront le retirer lorsqu’ils sont devant tout leur groupe. « Il y a plus de bénéfices en ce moment de retirer le masque, a indiqué le Dr Boileau. […] L’expression du visage est quelque chose d’important pour les enfants dans l’apprentissage. »

Par ailleurs, le port du masque sur les lieux de travail ne sera plus obligatoire à compter du 28 février, si la distance de deux mètres est maintenue ou s’il y a une barrière physique entre les personnes. La Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST) en a fait l’annonce mercredi matin.

Le Dr Boileau s’est montré plus prudent que sa collègue sur la fin prochaine du port du masque. Cette consigne est « une des dernières mesures qui sera retirée », a-t-il déclaré.

Même si « tout va dans le bon sens », la pression de la pandémie sur les hôpitaux québécois reste toujours forte à l’heure actuelle, a soutenu le directeur national de santé publique par intérim. « Aujourd’hui, nous avons exactement le même nombre de lits [occupés par des patients atteints de la COVID-19] que nous avions au pic de la deuxième vague. »

 

La cinquième vague tire à sa fin à Montréal, selon les autorités

Le pic aurait été atteint le 10 janvier. « Nous sommes dans une pente descendante depuis cinq semaines », a affirmé la directrice régionale de santé publique de Montréal, la Dre Mylène Drouin, lors d’un point de presse mercredi matin. La « prudence » demeure néanmoins de mise, a-t-elle dit, puisque le virus circule toujours. Pour les hôpitaux, le pire est passé, a indiqué Sonia Bélanger, présidente du centre de commandement de la COVID-19 dans la métropole. Les centres hospitaliers en sont au niveau de délestage 3 et reprennent leurs activités. Les blocs opératoires roulent désormais à 86 % de leur capacité, a précisé Sonia Bélanger. À Montréal, près de 45 000 patients sont en attente d’une opération, dont 15 000 depuis plus d’un an. Les établissements de santé montréalais veulent réduire de moitié cette liste d’attente d’ici avril 2023.

Marie-Ève Cousineau