« Des années » pour rattraper les retards en chirurgie à Québec

«La vague Omicron nous a fait mettre un genou à terre», explique le p.-d.g. du CHU de Québec, Martin Beaumont.
Jacques Nadeau Le Devoir «La vague Omicron nous a fait mettre un genou à terre», explique le p.-d.g. du CHU de Québec, Martin Beaumont.

La situation s’améliore dans les hôpitaux de Québec, où bientôt 85 % des blocs opératoires seront fonctionnels. Toutefois, les retards continuent de s’accumuler, et il faudra des années avant de venir à bout des listes d’attente.

« On regarde tout ce qu’il est possible de faire pour rétablir l’accès », a déclaré Stéphane Bergeron, le directeur des services professionnels au CHU de Québec, lundi.

À compter de mardi, 85 % des salles d’opération seront en activité, alors qu’à peine 56 % d’entre elles étaient utilisées pendant le temps des Fêtes.

Autre bonne nouvelle : sur les 242 employés assignés à résidence à cause de la COVID-19, 198 sont attendus au travail d’ici sept jours.

Mais les dégâts sont d’ampleur. Depuis mars 2020, le nombre d’interventions chirurgicales en attente est passé de 11 393 à 17 220. Parmi elles, près de 700 sont en attente depuis plus d’un an.

La hausse est particulièrement élevée pour les colonoscopies, et les endoscopies à la vessie en retard sont passées de 863 à 1801 au cours de la même période. À l’heure actuelle, 70 % des interventions peuvent être réalisées, mais on espère pouvoir reprendre un rythme normal d’ici la semaine prochaine.

Prié de dire quand le CHU pensait pouvoir vider sa liste d’attente, M. Bergeron a rétorqué que c’était une question « d’années ».

Un genou à terre

Le p.-d.g. du CHU, Martin Beaumont, avait convoqué les médias pour que la population sache que son organisation était « en action » pour faire le maximum. Mais il a dit devoir aussi tenir compte de l’épuisement de son personnel. « La vague Omicron nous a fait mettre un genou à terre », a-t-il dit.

Pendant la cinquième vague, le CHU a dû se priver de 800 à 900 employés à la fois, en plus de la pénurie de personnel, a-t-il souligné.

Le gestionnaire a raconté qu’il avait fallu appeler des employés pendant les Fêtes pour annuler leurs vacances, leur jour de l’An. « C’était quasi inhumain pour maintenir une offre de services sécuritaire pour notre population », a-t-il dit.

 

Des transferts dans Charlevoix

Pour augmenter la cadence des opérations chirurgicales, le CHU va notamment mettre à contribution les blocs opératoires des hôpitaux de Charlevoix. Les patients en attente à Québec pourront ainsi se faire offrir d’être opérés ailleurs, mais plus vite.

Le CHU travaille aussi sur un projet d’entente avec des cliniques privées pour opérer des cataractes. S’il entrait en vigueur, le p.-d.g. estime pouvoir réaliser 100 interventions de plus par semaine.

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