Une hausse des cas reste possible après le sommet de la vague Omicron

« La bonne nouvelle est que les niveaux actuels d’immunité au sein de la population canadienne devraient réduire l’impact des infections par le variant Omicron dans l’avenir », a indiqué Dre Theresa Tam.
Ryan Remiorz La Presse canadienne « La bonne nouvelle est que les niveaux actuels d’immunité au sein de la population canadienne devraient réduire l’impact des infections par le variant Omicron dans l’avenir », a indiqué Dre Theresa Tam.

Bien que le sommet de la vague Omicron a été franchi au pays, une nouvelle hausse des cas de COVID-19 est possible dans les prochaines semaines en raison des assouplissements, mais une réduction des hospitalisations est attendue, d’après des projections des autorités fédérales.

L’Agence de la santé publique du Canada a présenté vendredi trois scénarios différents sur l’évolution des hospitalisations et de la transmission en tenant compte des allégements annoncés récemment par plusieurs provinces.

Dans le cas d’un « effet considérable » des assouplissements des mesures, « nous pourrions nous attendre à une recrudescence plus importante des cas quotidiens d’Omicron, dépassant potentiellement les pics précédents, mais que le pic des hospitalisations quotidiennes pourrait être beaucoup plus faible », a expliqué l’administratrice en chef de la santé publique, Dre Theresa Tam, en conférence de presse virtuelle.

Une deuxième projection évaluant un « effet modéré » des allégements sur la transmission prévoit une hausse « limitée » des cas et une augmentation « plus modeste » des hospitalisations.

Le dernier scénario, le plus optimiste, n’estime aucun effet sur la transmission.

Ces prévisions demeurent incertaines en raison des changements dans la disponibilité des données, a prévenu la Dre Tam.

« La bonne nouvelle est que les niveaux actuels d’immunité au sein de la population canadienne devraient réduire l’impact des infections par le variant Omicron dans l’avenir », a indiqué celle qui faisait le point sur la pandémie au pays avec le sous-administrateur en chef, Dr Howard Njoo.

Ce dernier a affirmé qu’il est difficile pour la santé publique de déterminer lequel des scénarios est le plus probable de se concrétiser en raison du contexte différent de chacune des provinces.

« Position plus forte que jamais »

Sa collègue et lui invitent encore à la prudence et à se préparer « à l’émergence de nouveaux variants qui pourraient apparaître soudainement ». Une attention est notamment portée sur le sous-variant d’Omicron BA.2.

Néanmoins, « il y a place pour un optimisme prudent » et une approche « plus équilibrée » pour retrouver une certaine normalité, puisque le pays compte sur plusieurs outils de prévention, de détection et des traitements pour diminuer les maladies graves et les décès.

« Nous sommes dans une position plus forte que jamais auparavant », ont affirmé les deux médecins, énumérant la vaccination et les mesures sanitaires comme ayant minimisé les préjudices graves et permis de sauver des vies.

Moyenne des cas et hospitalisations en baisse

Ce sont différents indicateurs, dont l’analyse des eaux usées, qui permettent de croire que le Canada a dépassé le sommet de la vague du variant Omicron, a déclaré la santé publique fédérale.

Malgré une sous-estimation des cas enregistrés, les provinces rapportent chaque semaine une diminution moyenne de nouvelles infections. La moyenne nationale a connu une baisse de 27 % en date du 16 février par rapport à la semaine précédente, a mentionné la Dre Tam.

Un ralentissement des hospitalisations est également observé alors que la plupart des provinces ont fait état au cours des deux dernières semaines d’une réduction des personnes traitées pour la COVID-19 dans les hôpitaux.

Des baisses particulièrement remarquées au Québec et en Ontario qui ont été les premières touchées par la vague Omicron, a souligné le Dr Njoo.

Durant le mois dernier, les admissions de bébés âgés de moins d’un an aux soins intensifs ont été plus élevées qu’à tout moment dans la pandémie, a indiqué la Dre Tam, invitant les parents à prendre des précautions pour diminuer les risques.

Les hospitalisations ont augmenté dans ce groupe d’âge par rapport aux vagues précédentes, mais restent peu nombreuses, a-t-elle précisé.

Même si la situation s’améliore dans son ensemble, les taux d’infection demeurent élevés et les hôpitaux sont encore fortement sollicités, prévient la santé publique.

Porter le masque, éviter les foules et améliorer la ventilation dans les espaces intérieurs demeurent des mesures importantes pour atténuer la pression sur les hôpitaux et faire face à une recrudescence des cas, a soutenu le Dr Njoo.

Sur le plan de la vaccination, plus de 5,6 millions de Canadiens n’avaient toujours pas été vaccinés ou n’avaient pas reçu leur deuxième dose contre la COVID-19, selon l’Agence de la santé publique.

L’autorisation de Santé Canada, jeudi, pour le vaccin Novavax fabriqué à base de protéines, pourrait représenter une solution de rechange pour ceux qui hésitent à se faire vacciner avec des doses d’ARN messager, croient les docteurs Tam et Njoo.

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Cet article a été produit avec le soutien financier des Bourses Facebook et La Presse Canadienne pour les nouvelles.

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