Des hôpitaux torontois surchargés à la veille du déconfinement

Dès lundi, trois salles opératoires seront fermées à l’hôpital Sunnybrook, à Toronto, qui en avait déjà fermé six à cause du délestage, sur les 20 que compte l’établissement .
Photo: Doug Ives Archives La Presse canadienne Dès lundi, trois salles opératoires seront fermées à l’hôpital Sunnybrook, à Toronto, qui en avait déjà fermé six à cause du délestage, sur les 20 que compte l’établissement .

Une crise aux soins intensifs de l’un des principaux hôpitaux de Toronto force la direction à redéployer du personnel de ses salles opératoires dans cette unité, d’après un courriel envoyé aux chirurgiens jeudi, dont Le Devoir a obtenu copie. Le redéploiement forcera la fermeture de trois salles opératoires à l’hôpital Sunnybrook, au moment où la province s’apprête à se déconfiner.

Les soins intensifs de l’hôpital seraient aux prises avec une crise de personnel en raison d’un afflux de patients plus durement touchés par la COVID-19 et du taux d’absentéisme des employés. « Je sais que [le redéploiement] va créer du chaos, mais nous avons exploré d’autres options et n’en avons pas trouvé », écrit le Dr Avery Nathens, chef des chirurgies, dans son message aux employés.

Dès lundi, trois salles opératoires seront fermées à l’hôpital, qui en avait déjà fermé six à cause du délestage. L’établissement en compte 20 au total. Cette crise aux soins intensifs, au campus principal de l’hôpital, dans l’est de la ville de Toronto, signifie aussi que les employés du bloc opératoire du Holland Centre — un campus plus petit, au centre-ville — seront rapatriés, indique le courriel. Le redéploiement des ressources humaines sera de courte durée, note le chef des opérations dans sa missive.

Celle-ci survient au moment même où le gouvernement ontarien s’apprête dès lundi à permettre aux hôpitaux de reprendre progressivement leurs opérations non urgentes et à rouvrir partiellement ses restaurants, bars et salles des spectacles. Vendredi, le gouvernement a annoncé que huit patients supplémentaires avaient été admis aux soins intensifs, pour un total de 607 à travers la province.

Lente reprise

 

Dans un courriel, Alexandra Hilkene, la porte-parole de la ministre de la Santé, Christine Elliott, a toutefois concédé que tous les hôpitaux ne seraient pas en mesure de reprendre immédiatement leurs opérations non urgentes, après plus de 21 jours d’arrêt. La reprise des activités chirurgicales pourrait d’ailleurs être lente dans d’autres hôpitaux de la région de Toronto.

À l’hôpital Michael Garron, dans le quartier East York, environ la moitié des salles opératoires sont en service « pour alléger la pression sur le personnel et en raison de l’augmentation du nombre de patients nécessitant des soins aigus » a fait savoir le chef des chirurgies, le Dr Carmine Simone. « Nous faisons un triage en fonction de la priorité et du facteur temps comme nous l’avons fait dans les vagues précédentes, de façon à nous assurer que nos patients critiques ont accès à l’opération dont ils ont besoin », poursuit le chirurgien dans un courriel.

Ailleurs dans la province, certains dirigeants d’hôpitaux ont prévenu que l’annonce de la reprise des activités chirurgicales était prématurée. « Cela va prendre du temps. Les choses ne vont pas revenir à la normale en un claquement de doigts » a illustré le président-directeur général de l’hôpital régional de Windsor, David Musyj, lors d’un appel avec des médias locaux vendredi.

Ce reportage bénéficie du soutien de l’Initiative de journalisme local, financée par le gouvernement du Canada.

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