Tout petit regain de popularité pour Alerte COVID

Au cours du seul mois de décembre, 12 252 codes ont été entrés dans Alerte COVID.
Photo: Olivier Zuida Archives Le Devoir Au cours du seul mois de décembre, 12 252 codes ont été entrés dans Alerte COVID.

L’application canadienne de recherche de contacts de cas de COVID-19, Alerte COVID, a connu un léger regain de popularité avec la vague d’Omicron. Le nombre de cas déclarés dans cet outil du gouvernement fédéral a plus que décuplé au cours du mois de décembre. Ces entrées sont toutefois demeurées infimes par rapport au nombre total d’infections recensées au pays.

Le variant Omicron a été déclaré préoccupant par l’Organisation mondiale de la santé le 26 novembre dernier. Deux jours plus tard, il faisait son apparition au Canada.

Dans la semaine du 1er au 7 décembre, 402 cas de COVID-19 ont été inscrits dans Alerte COVID. Ces entrées se sont ensuite mises à augmenter au fil des semaines. Entre le 21 et le 28 décembre, ce chiffre a atteint 5522 nouveaux cas. Puis, entre le 29 décembre et le 5 janvier, 5424 utilisateurs de l’application y ont enregistré être atteints de la COVID-19, selon les données obtenues par Le Devoir auprès de l’Agence de la santé publique du Canada.

Au cours du seul mois de décembre, 12 252 codes ont été entrés dans Alerte COVID. Les utilisateurs se servent de ces clés à usage unique pour y rapporter de façon anonyme leur diagnostic positif, ce qui permet ensuite d’alerter les personnes qui se seraient trouvées à leur proximité dans les 14 jours précédents. À titre comparatif, seuls 559 codes avaient été entrés dans l’application au mois d’août.

Or, même si les adeptes d’Alerte COVID ont dûment inscrit leur infection dans l’application, le nombre d’entrées demeure négligeable.

Car bien qu’environ 5500 cas aient été rapportés par le biais de l’application pour chacune des deux semaines de la période des Fêtes, ce sont 25 330 nouveaux cas qui étaient déclarés en moyenne chaque jour au pays entre le 23 et le 29 décembre. La semaine suivante, le Canada comptait environ 41 740 nouveaux cas quotidiens — soit l’équivalent sur sept jours de 53 fois les 5424 cas inscrits pour la même semaine dans Alerte COVID.

Moins de 0,02 % des cas

L’application développée par le gouvernement fédéral au début de la pandémie n’a jamais bénéficié du taux d’adhésion espéré. Justin Trudeau avait dit souhaiter, à l’été 2020, qu’au moins 50 % de la population s’en prévale. Des chercheurs britanniques avaient établi à l’époque que ce genre d’application n’est efficace que si le taux d’adhésion est de 60 % ou plus.

Dix-huit mois plus tard, ce sont 6,8 millions de Canadiens qui avaient téléchargé Alerte COVID.

Statistique Canada évaluait, en 2018, que 88 % des Canadiens de 15 ans et plus possèdent un téléphone intelligent. Sur une population dans ces tranches d’âges évaluée à 32,2 millions de personnes, pour 2021, cela représenterait 28,3 millions de Canadiens qui auraient pu télécharger l’application.

Depuis le lancement d’Alerte COVID,en juillet 2020, un peu plus de 56 900 clés à usage unique y ont été entrées — soit 0,019 % des cas recensés au pays pour cette période. Le Canada frôle maintenant les trois millions de cas de COVID-19 depuis le début de la pandémie.

En juillet dernier, La Presse canadienne rapportait que le gouvernement fédéral a dépensé près de 20 millions de dollars pour développer son application de recherche de contacts adoptée par la majorité des provinces — 15,9 millions pour promouvoir Alerte COVID et 3,5 millions pour l’élaboration et l’entretien de l’application.

Le gouvernement Trudeau n’en fait presque plus la promotion depuis des mois. La dernière mise à jour du tableau de bord de l’application, sur le site Web du fédéral, date du 1er janvier. Celle du site du gouvernement du Québec présentant l’application et les liens pour la télécharger remonte au mois de juin.

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