Québec met en ligne sa page d’autodéclaration des cas de COVID-19

La page, publiée en catimini en cours de matinée, doit permettre à ceux qui obtiennent un résultat positif à la suite d’un test rapide de le déclarer pour qu’il soit officiellement comptabilisé dans les statistiques.
Photo: Jeff McIntosh La Presse canadienne La page, publiée en catimini en cours de matinée, doit permettre à ceux qui obtiennent un résultat positif à la suite d’un test rapide de le déclarer pour qu’il soit officiellement comptabilisé dans les statistiques.

Dans le brouillard depuis la mise à l’arrêt des tests PCR pour une majorité de Québécois, les autorités sanitaires peuvent désormais se faire une idée plus précise de la situation épidémiologique au Québec. Le ministère de la Santé a mis en ligne mardi une plateforme d’autodéclaration des cas de COVID-19.

La page, publiée en catimini en cours de matinée, doit permettre à ceux qui obtiennent un résultat positif à la suite d’un test rapide de le déclarer pour qu’il soit officiellement comptabilisé dans les statistiques. L’utilisateur doit y préciser son nom, sa date de naissance, son numéro d’assurance maladie et le résultat de son test.

« Ce n’est pas parfait, mais c’est un outil qui s’ajoute aux autres qu’on a. Ça, c’est précieux », a indiqué mardi le directeur national de santé publique par intérim du Québec, Luc Boileau, en marge d’une conférence de presse sur le déconfinement.

Akinox Solutions, le concepteur des applications VaxiCode et VaxiCode Verif, a conçu la page Web, qui « ne sert qu’à des fins statistiques », a souligné en entrevue le président-directeur général de l’entreprise, Alexander Dahl.

Déclarer un test positif ne permettra d’ailleurs en aucun cas de se soustraire au passeport vaccinal. « Les résultats que vous déclarez ne seront pas inscrits dans votre preuve de vaccination », a précisé le ministère de la Santé et des Services sociaux, mardi.

La compagnie Akinox a collaboré, pour cette plateforme, avec le ministère nouvellement formé de la Cybersécurité et du Numérique. Le Centre gouvernemental de cyberdéfense a d’ailleurs effectué des tests de sécurité sur la plateforme.

Alexander Dahl assure qu’il sera impossible de fausser les données en entrant de faux tests positifs. « Le fait de demander à chaque résident de s’identifier, ça va permettre au moins d’éviter les doublons non raisonnables », a-t-il avancé.

Un mois plus tard

 

Il aura fallu pratiquement un mois pour que le ministère de la Santé donne son feu vert au lancement de la plateforme. La médecin conseillère à la Santé publique Marie-France Raynault avait évoqué la création de cette plateforme avant les Fêtes, lors d’un breffage technique. Le ministre de la Santé, Christian Dubé, avait fait part au début du mois de janvier de son souhait de la lancer « dans les prochaines semaines ».

Depuis le début de l’année, la Santé publique demande à ceux qui éprouvent des symptômes de la COVID-19 d’utiliser un test rapide comme outil de dépistage. Or, il n’y avait jusqu’ici aucun moyen d’avertir les autorités de son diagnostic. Seules certaines personnes, dont les employés du secteur de la santé et de l’éducation, peuvent continuer à se rendre en centre de dépistage.

Selon le MSSS, les quelques milliers de cas annoncés dans les dernières semaines ne représentent qu’une part de la réalité. En lançant une page d’autodéclaration, Québec souhaite « mieux évaluer l’évolution de la situation épidémiologique dans la communauté ».

Encore faut-il que la population y adhère. Interrogé à ce sujet mardi, Alexandre Dahl s’est montré optimiste. « Les codes QR ont été offerts assez tôt, et il y a eu une adhésion importante, alors qu’il n’y avait aucune finalité », a-t-il observé.

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