Denis est en attente d’une opération de chirurgie bariatrique, qui s’éloigne encore et toujours

Depuis 2017, Denis Pelland est en attente d’une opération de chirurgie bariatrique.
Photo: Valérian Mazataud Le Devoir Depuis 2017, Denis Pelland est en attente d’une opération de chirurgie bariatrique.

On entend souvent parler du délestage depuis le début de la pandémie, mais ses effets demeurent abstraits. Les hôpitaux faisant face à un manque de ressources critique, Le Devoir a décidé de mettre des mots et des visages sur les statistiques. Aujourd’hui, l’histoire de Denis Pelland, qui est en attente d’une opération de chirurgie bariatrique.

Depuis 2017, Denis Pelland est en attente d’une opération de chirurgie bariatrique. Pour lui, cette intervention représente bien plus qu’une perte de poids : c’est le symbole d’un nouveau départ, d’une vie plus saine. Mais le délestage qui sévit actuellement dans les hôpitaux l’éloigne encore un peu plus de son but.

« Je sais que ce n’est pas urgent, mais c’est une opération qui peut changer la vie d’une personne », lance l’enseignant et restaurateur de Saint-André-d’Argenteuil, dans les Laurentides. Père de trois enfants, il ne cache pas sa hâte de laisser derrière lui les kilos en trop qui l’empêchent de faire des activités en famille et de profiter pleinement de la vie.

« Il y a beaucoup de choses que j’ai le goût de faire depuis des années. » Il parle de vélo, de canot et de kayak, autant d’activités qu’il ne peut faire présentement en raison de son surpoids.

« Quand on n’a pas vécu l’obésité, on ne se rend pas compte à quel point c’est handicapant, dit-il. Ça me limite dans mes activités quotidiennes, dans mes activités de vacances. Juste attacher mes bottes, c’est un défi. Et ce n’est pas seulement physiquement que l’on souffre : c’est très difficile à vivre sur le plan social et personnel, mais on n’en parle que très peu. »

 

Âgé de 47 ans, Denis Pelland traîne son problème de poids depuis plus de 20 ans. Mais cela s’est fait de façon graduelle. « À partir de la mi-vingtaine, j’ai pris entre 10 et 20 livres par année », explique-t-il.

Au fil des années, il a essayé presque tous les régimes. « J’ai essayé le keto [régime cétogène] avant que ce ne soit à la mode, raconte-t-il en riant. Le dernier en liste, c’est le jeûne intermittent. Ça n’a pas marché. Tu réussis à perdre de 10 à 15 livres, mais après ça, tu “pognes” un plateau. Et dans mon cas, c’est un plateau éternel. C’est là que tu commences à tricher et que tu reprends tout ton poids… »

Croire que c’est possible

Il y a quelques années, il est devenu plus conscient des problèmes de santé associés à l’obésité. Il voyait sa qualité de vie se dégrader. C’est alors qu’il a décidé de consulter son médecin. Depuis 2017, il est en attente d’une opération de chirurgie bariatrique.

« La chirurgie bariatrique, ce n’est pas juste une béquille, c’est ce qui te permet de marquer le début d’un nouveau mode de vie. C’est ce qui te permet de croire que c’est possible. »

Il est bien conscient que l’opération ne réglera pas tout et qu’il devra faire des efforts au quotidien. « Il faut changer de mode de vie parce que mon corps va toujours essayer de reprendre ce poids. La chirurgie va m’aider à contrôler, mais si je ne fais pas d’efforts et un changement de vie réel, ça va revenir. »

Depuis 2017, il a eu le temps de faire évoluer sa réflexion et de se projeter dans l’avenir. « Ça fait partie du processus d’être en attente parce qu’il y a une préparation psychologique à faire », reconnaît-il. Mais dans son cas, l’attente s’étire bien au-delà des délais normaux en raison de la pandémie. En juin dernier, après des années d’attente, il a été invité à une rencontre d’information. Puis, en septembre, il a rencontré le chirurgien. « Normalement, rendu à cette étape, ça va très vite. Mais le chirurgien m’a dit que, dans les circonstances, ça prendrait encore au moins 6 à 9 mois. Et ça, c’était avant l’arrivée d’Omicron… »

Denis Pelland a l’impression d’enfin voir le fil d’arrivée sans réussir à le toucher. Il a hâte d’atteindre son but. « Ça va avoir un impact sur ma qualité de vie et améliorer ma longévité », résume-t-il.



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