L’Ontario se déconfine, le Québec attend

Contrairement à l’Ontario, le Québec ne prévoit pas rouvrir de sitôt. La pression sur les hôpitaux est encore trop forte pour qu’un déconfinement soit envisagé, selon le premier ministre, François Legault.

Le gouvernement de l’Ontario a annoncé jeudi que les restaurants, les gyms et les salles de spectacle pourraient ouvrir à 50 % de leur capacité dès le 31 janvier. Un calendrier de réouverture sur deux mois a même été présenté, jeudi.

À partir du 21 février, la taille maximale des rassemblements intérieurs passera de 10 à 25 personnes, tandis que la limite de capacité des restaurants et bars sera retirée. Le 14 mars, 21 jours plus tard, la province compte lever les limites de capacité pour tous les établissements publics intérieurs. Jusqu’à 50 personnes pourront se rassembler à l’intérieur.

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Le premier ministre et le ministre de la Santé, Christian Dubé, ont fait le point jeudi sur la COVID-19 au Québec. Ils sont en compagnie du directeur national de santé publique par intérim, le Dr Luc Boileau.

 

Malgré des tendances épidémiologiques similaires entre l’Ontario et le Québec, le gouvernement Legault ne compte pas imiter la province voisine.

Dans un point de presse, accompagné par le ministre de la Santé, Christian Dubé, et le directeur national de santé publique par intérim, le Dr Luc Boileau, le premier ministre a défendu sa décision en affirmant se baser sur les recommandations de la Santé publique. « On ne peut pas d’un côté dire que la Santé publique doit être indépendante, qu’il faut qu’on écoute les recommandations indépendantes de la Santé publique, mais que si ça ne fait pas mon affaire, je ne les écoute pas. Ce n’est pas responsable. […] Des vies sont en jeu. C’est pour ça qu’on prend ces décisions-là. »

On comptait jeudi 3411 hospitalisations liées à la COVID-19 au Québec, une diminution de 14 comparativement à mercredi, selon le dernier bilan du ministère de la Santé. Parmi ces patients, 285 se trouvent aux soins intensifs, soit le même nombre que la veille. Un peu moins de 100 nouveaux décès ont été aussi répertoriés. « Le pic [de la vague Omicron] est enfin atteint », a précisé le chef du gouvernement.

Le Dr Luc Boileau a été plutôt succinct dans ses explications sur l’évolution à court terme de la pandémie. « Nous étudions la situation à fond et nous allons vous revenir au bon moment pour suggérer les assouplissements qu’il faut. »

Ne voulant pas commenter la « situation différente » de nos voisins ontariens, François Legault a répété qu’on était « vraiment à la limite de la limite du réseau » et qu’il fallait pour l’instant éviter tout relâchement. « On a une situation, dans notre réseau de la santé, très tendue. Près de 40 % de nos employés sont à temps partiel. Ce n’est pas facile de faire des horaires. On a 12 000 employés absents. »

Vivre avec le virus

Plusieurs voix se sont élevées pour demander à Québec de jeter du lest dans ses règles sanitaires. Certains commerçants se sont même mis à en appeler à la désobéissance civile.

« Restez prudents, restez patients », a répliqué le premier ministre, fermant la porte à une révision des annonces des derniers jours. « Vous ne pouvez pas savoir le nombre de personnes qui m’écrivent, qui me parlent, qui me disent qu’il faut qu’on enlève des consignes, mais pour l’instant, on ne peut pas se permettre d’assouplir davantage. »

Prévoyant de nouvelles vagues de contaminations, le trio santé a révélé qu’il élaborait un plan de « refondation » du réseau de la santé. Quatre axes feront ainsi l’objet de sérieuses réformes. Plus de ressources humaines, davantage de données pour les gestionnaires, de meilleurs systèmes informatiques et des infrastructures de plus grande qualité seront nécessaires pour prévenir toute surcharge du réseau dans le futur, a spécifié Christian Dubé avant de se réfréner. « Pour le reste, vous verrez les priorités lorsqu’on fera le point sur le plan de la santé. »

« Vivre avec le virus, ça suppose d’avoir un réseau de la santé un peu plus solide », a indiqué François Legault. Autrement dit, il faudra que les hôpitaux disposent d’une « marge de manœuvre » plus importante, de façon à pouvoir « tolérer un certain pourcentage d’hospitalisations », avant qu’on puisse envisager un retour à la normale.

Avec Étienne Lajoie



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