Situation moins grave que prévu aux soins intensifs ce week-end

Pas moins de 81 564 doses de vaccin ont été administrées au cours des 24 dernières heures, dont 71 724 doses de rappel et 6241 premières doses.
Photo: Graham Hughes La Presse canadienne Pas moins de 81 564 doses de vaccin ont été administrées au cours des 24 dernières heures, dont 71 724 doses de rappel et 6241 premières doses.

L’actuelle vague de COVID-19, alimentée par le variant Omicron, semble reculer au Québec, même si la situation dans les hôpitaux ne s’est pas encore vraiment améliorée.

La fin de semaine s’annonçait comme « la pire depuis le début de la pandémie », selon le premier ministre François Legault. Finalement, « aux soins intensifs, ce n’est pas l’hécatombe qu’on avait prévue », indique le Dr Germain Poirier, président de la Société des intensivistes du Québec.

« On n’est pas tombés dans le pire scénario. Actuellement, ça a l’air assez viable et vivable, mais la marge de manœuvre n’est pas extraordinaire », confie-t-il au Devoir.

Les taux d’occupation dans les urgences du Québec ont en moyenne oscillé autour de 90 % cette fin de semaine.

Selon les données publiées dimanche par le ministère de la Santé, le nombre de patients admis dans les hôpitaux à cause de la COVID-19 est passé de 3195 à 3300. Les centres hospitaliers ont admis 392 nouveaux patients et donné leur congé à 302 autres. On a recensé 282 personnes aux soins intensifs, soit 7 de plus que la veille.

Pas moins de 5946 nouveaux cas de Québécois infectés par la COVID-19 ont été recensés depuis le précédent bilan. La veille, on en comptait 6705. Si le nombre de nouveaux cas n’est toutefois pas représentatif de la situation puisque l’accès aux centres de dépistage est restreint aux clientèles prioritaires, il demeure qu’une certaine tendance à la baisse a été observée au cours des derniers jours.

Les restrictions sanitaires s’avèrent ainsi salvatrices pour les hôpitaux, confirme le Dr  Poirier. « Un peu comme pour les premières vagues, quand il y a eu un confinement et un couvre-feu, les gens se présentent moins aux urgences quand ils savent qu’il va peut-être y avoir une hécatombe. Ils ne veulent pas non plus être contaminés. »

Moins de personnes se présentent aux urgences que prévu, mais elles y restent par contre un plus longtemps. Les étages sont déjà pleins de patients positifs à la COVID-19, et près de 10 % des lits disponibles sont fermés au Québec. « C’est un gros micmac de gestions de lits. C’est un peu ça, le problème », note le Dr Germain Poirier, aussi chef des soins intensifs de l’hôpital Charles-Lemoyne.

« Moins virulent »

L’immunité acquise par la vaccination et l’agressivité atténuée du variant actuel donnent aussi un peu de répit aux soignants. « Omicron est moins virulent. On le voit aux soins intensifs, on le voit aux étages », souligne le Dr Germain Poirier.

Le pourcentage de Québécois âgé de 5 ans et plus ayant reçu une première dose tourne autour de 90 %. Environ 82 % de la population québécoise a reçu une deuxième dose et près de 32 % a reçu une dose de rappel. Pas moins de 81 564 doses de vaccin ont été administrées samedi dernier, dont 71 724 doses de rappel et 6241 premières doses.

Devant ces constats, le Dr Poirier plaide pour que l’on revoie la gestion des patients atteints de COVID-19, notamment ceux qui se présentent à l’hôpital pour d’autres problèmes de santé. « On essaie de voir, entre autres avec la Fédération des médecins spécialistes du Québec, si on peut alléger certaines mesures et revoir nos façons de faire pour justement faire en sorte qu’on puisse libérer des lits plus facilement. Voir si on peut arrêter de tester tout le monde et peut-être traiter ça comme une grippe saisonnière. »

Dimanche, 21 décès se sont ajoutés au bilan des victimes. On déplore dorénavant 12 310 morts liées à la COVID-19 depuis son apparition au Québec.

Avec La Presse canadienne

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