Intenses préparatifs avant une dure fin de semaine dans les hôpitaux

Les établissements de santé mettent en oeuvre diverses mesures pour affronter la vague de patients.
Photo: Valérian Mazataud Le Devoir Les établissements de santé mettent en oeuvre diverses mesures pour affronter la vague de patients.

Les hôpitaux québécois se préparent à affronter une fin de semaine difficile qui pourrait même s’avérer, selon le gouvernement, « la plus dure » de la pandémie. Pour faire face à cette vague de patients, les établissements de santé mettent diverses mesures en place.

À l’hôpital Maisonneuve-Rosemont, les infirmières redoutent le week-end à venir, selon Denis Cloutier, président du Syndicat des professionnelles en soins de l’Est-de-l’Île-de-Montréal–FIQ. Vendredi après-midi, 89 patients se trouvaient sur civière aux urgences.

« L’inquiétude, c’est qu’il y ait tellement de cas de COVID qui se présentent aux urgences que les filles ont peur de ne plus être en mesure de respecter les règles d’isolement des patients positifs ou suspectés de l’être, explique Denis Cloutier. Les lits COVID à l’étage sont presque tous occupés. »

Le syndicat craint qu’en raison du manque de personnel, les gestionnaires imposent de nombreuses heures supplémentaires obligatoires lors des quarts de nuit de la fin de semaine. « Beaucoup d’employés attendent un retour de la “ligne COVID” afin de savoir si leur isolement est levé ou non, affirme Denis Cloutier. C’est un peu chaotique dans la planification. »

Mesures de rétention

 

Pour tenter d’avoir assez de personnel, le CIUSSS de l’Est-de-l’Île-de-Montréal a déjà mis en œuvre les mesures de rétention et d’attraction annoncées par Québec jeudi. L’organisation offre depuis vendredi 16 h la rémunération à taux double aux employés qui font des heures supplémentaires. « Même si l’arrêté ministériel [comprenant cette mesure] n’est toujours pas publié, précise Denis Cloutier. Ils [les CIUSSS] font preuve d’initiative et s’ajustent en fonction de l’urgence de la situation. » Le syndicat salue cette décision. « On n’est pas habitués de voir ça dans le réseau ! » dit Denis Cloutier.

Au CISSS des Laurentides, la rémunération à taux double est aussi en vigueur, selon le Syndicat destravailleuses et travailleurs des Laurentides en santé et services sociaux, affilié à la CSN. La mesure fait déjà effet, indique la responsable des communications du syndicat, Valérie Lapensée.

À l’hôpital de Saint-Eustache, les quarts des préposés aux bénéficiaires prévus à l’horaire de samedi à lundi (inclusivement) sont en grande majorité pourvus, cite-t-elle en exemple. Évidemment, des absences pourraient s’ajouter le jour même. « C’est sûr que le temps double est un incitatif, dit Valérie Lapensée. Même si tout le monde est fatigué, il y en a qui ont besoin de sous. »

Pour augmenter leur capacité, des hôpitaux des Laurentides ont aussi transformé des chambres individuelles en chambres pour deux. « C’est bien correct, dit le Dr Simon-Pierre Landry, qui pratique à l’urgence de l’hôpital Laurentien, à Sainte-Agathe-des-Monts. C’est mieux ça que des patients qui sont dans les corridors des urgences. »

Le CIUSSS de la Capitale-Nationale, lui, a ouvert 60 lits en CHSLD pour des patients positifs ou négatifs à la COVID-19 qui ne nécessitent plus de soins de courte durée à l’hôpital et qui attendent une place en milieu de vie, indique le Dr Pascal Renaud, qui pratique à l’urgence du CHU de Québec. « Le CIUSSS s’apprête à ouvrir d’ici lundi 30 lits à l’hôtel Le Concorde pour accueillir des patients qui n’ont pas la COVID, mais qui n’ont pas de place actuellement en CHSLD », ajoute-t-il. Le président de l’Association des médecins omnipraticiens de Québec souligne que des médecins de famille prendront en charge les patients transférés.

Au CIUSSS de l’Estrie, des professionnels, des gestionnaires et des médecins ont été demandés en renfort sur le terrain pour soutenir les équipes pendant la fin de semaine. « Déjà ce matin, il y avait une cinquantaine de personnes qui avaient accepté », écrit le CIUSSS dans un courriel. La même stratégie a été utilisée la semaine dernière.

Stade 4 de délestage

 

Le CIUSSS du Centre-Sud-de-l’Île-de-Montréal, responsable de l’hôpital Notre-Dame et de l’hôpital de Verdun, a pour sa part mis en branle vendredi son plan de délestage de stade 4, comme l’ont déjà fait d’autres organisations du réseau. Les activités chirurgicales pourraient être aussi faibles que 25 % de la normale. Celles en endoscopie seront aussi réduites, indique le porte-parole du CIUSSS, Jean-Nicolas Aubé.

« On va réaffecter des infirmières de services de consultation externe dans des hôpitaux pour qu’elles prêtent main-forte, poursuit-il. Il va y avoir moins de suivis réguliers par des médecins dans les GMF et les GMF-U. » Aucun délestage n’est toutefois prévu pour les programmes de déficience intellectuelle, de troubles du spectre de l’autisme et de déficience physique. Quant au programme jeunesse, seules des hygiénistes dentaires seront réaffectées, signale le CIUSSS.

L’organisme, qui manque de personnel, invite la population intéressée à donner un coup de main à s’inscrire sur la plateforme Je contribue.

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