Le plus pessimiste des scénarios du fédéral a été franchi

Le Dr Howard Njoo a présenté, aux côtés de la Dre Theresa Tam, des modélisations de la pandémie suggérant que le Canada atteindrait à la mi-janvier un sommet se situant entre 100 000 et 400 000 nouveaux cas de COVID-19 par jour.
Photo: Justin Tang Archives La Presse canadienne Le Dr Howard Njoo a présenté, aux côtés de la Dre Theresa Tam, des modélisations de la pandémie suggérant que le Canada atteindrait à la mi-janvier un sommet se situant entre 100 000 et 400 000 nouveaux cas de COVID-19 par jour.

La hausse du nombre de cas de COVID-19 durant les Fêtes a été encore pire que le plus pessimiste des scénarios projetés par les scientifiques fédéraux en décembre. Malgré tout, le plus gros de la tempête devrait être derrière nous, les scientifiques d’Ottawa projetant de fortes diminutions des cas quotidiens et des hospitalisations après un pic atteint ces jours-ci.

« C’est toujours difficile [à dire], parce qu’avec la modélisation, c’est basé sur les données qu’on a actuellement. Ce n’est pas comme une boule de cristal, puisqu’on contrôle notre propre destin », a évoqué l’administrateur en chef adjoint de la santé publique, le Dr Howard Njoo, lors d’une séance d’information technique vendredi.

Il a présenté, aux côtés de la Dre Theresa Tam, des modélisations de la pandémie suggérant que le pays atteindrait à la mi-janvier un sommet du nombre de cas quotidiens à la COVID-19 se situant entre 100 000 et 400 000 nouveaux cas par jour.

Cette grande amplitude est expliquée par l’incertitude par rapport aux données et le flou entourant l’efficacité réelle des nouvelles mesures de santé publique édictées en décembre, comme le couvre-feu au Québec.

Le 10 décembre, la Santé publique fédérale avait présenté des modèles qui ont été complètement démentis par la nouvelle vague du variant Omicron. Selon le scénario le plus probable, les autorités de santé publique se préparaient à faire face à environ 12 000 nouveaux cas par jour au début de janvier. Dans les faits, la hausse des nouveaux cas a même dépassé le scénario le plus pessimiste envisagé.

Pic peut-être atteint

Les modèles mathématiques de la santé publique fédérale prédisent « un pic prononcé [des nouveaux cas de COVID-19] suivi d’un déclin du nombre de cas » vers le milieu du mois de janvier. Une pareille baisse des hospitalisations est aussi à prévoir, quelques jours plus tard.

Ces données semblent accréditer les études de l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ), présentées par le premier ministre François Legault, jeudi, qui concluent que le sommet de la courbe, au Québec, aurait été atteint il y a quelques jours. Un « pic des hospitalisations » serait en vue pour les prochains jours, selon Québec.

« Si les autorités de santé publique [provinciales] voient peut-être avec les tendances qu’on a dépassé le pic, oui c’est possible qu’on ait dans quelques semaines un déclin avec les taux d’hospitalisations aussi », a indiqué le Dr Njoo.

Sa collègue, la Dre Tam, avance que nous sommes « dans une zone grise », depuis laquelle il n’est pas encore possible de dire avec précision la date où le Canada a, ou aura, atteint ce fameux « pic » de la vague provoquée par le variant Omicron.

« Un certain nombre de provinces [comme le Québec], celles qui ont été touchées par Omicron le plus tôt, ont vu des stabilisations dans leur nombre de cas quotidiens. C’est le premier signe selon lequel nous approchons du pic », a-t-elle indiqué.

Les deux conseillers scientifiques du gouvernement Trudeau insistent sur le fait que la vaccination contre la COVID-19 est importante pour mettre fin à la pandémie, de même que l’obtention d’une dose de rappel. Toutefois, ils indiquent que cette dernière n’est pas aussi efficace contre le variant Omicron que contre le variant Delta pour assurer une protection contre le virus.



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