70 millions de tests rapides achetés... mais pas autorisés

L’entreprise québécoise s’est engagée à livrer 10 millions d’autotests ce mois-ci.
Photo: Graham Hughes La Presse canadienne L’entreprise québécoise s’est engagée à livrer 10 millions d’autotests ce mois-ci.

Le gouvernement du Québec va se procurer lui-même 70 millions de tests rapides à distribuer dans les prochains mois partout au Québec. Rien ne dit cependant s’ils pourront servir : Santé Canada n’a pas encore donné son feu vert au produit de MedSup Medical.

L’entreprise québécoise s’est engagée à livrer 10 millions d’autotests ce mois-ci, 20 millions en février et en mars, 15 millions en avril et 5 millions en mai. Elle produira ses premiers dispositifs en Chine avant de rapatrier sa production dans une usine de Montréal.

« Une partie, éventuellement, va être fabriquée ici, à Montréal, a souligné jeudi après-midi le premier ministre François Legault. C’est important d’être autonome du côté des équipements médicaux. Il y a un pas dans cette direction-là. »

10 millions
C’est le nombre de tests rapides que s’est engagé à livrer MedSup Medical ce mois-ci.

Pour le moment, Santé Canada n’a pas autorisé le produit de dépistage de la compagnie montréalaise, a confirmé MedSup Medical jeudi, tout en disant avoir bon espoir d’obtenir le feu vert des autorités. Toujours est-il que « l’exécution du contrat est conditionnelle à l’obtention des autorisations », a indiqué le ministère de la Santé et des Services sociaux dans un communiqué de presse en matinée.

Au moment où ces lignes étaient écrites, Santé Canada n’avait pas pu indiquer à quelle étape du processus d’approbation les produits de MedSup Medical en étaient rendus. Le ministère a approuvé une centaine d’instruments de dépistage depuis le début de la pandémie.

Les réserves se remplissent

Dans l’éventualité où le contrat irait de l’avant, des cargaisons supplémentaires de 5 et de 15 millions de tests rapides pourraient être acheminées à travers le Québec, « si cela est jugé nécessaire ». Ces quantités s’ajoutent aux 31,5 millions de dispositifs promis par Ottawa pour le mois de janvier.

En entrevue avec Le Devoir la semaine dernière, le directeur général de la gestion exécutive et opérationnelle de la pandémie au Québec, Daniel Paré, avait affirmé vouloir procéder à des achats de tests en vrac en raison du manque de prévisibilité des livraisons fédérales. « Les prochaines livraisons, ça ne sera pas suffisant », avait-il affirmé.

Le ministre fédéral de la Santé, Jean-Yves Duclos, convient lui aussi avoir de la difficulté à entrevoir combien de tests seront livrés en raison de la forte demande mondiale. « Les chaînes d’approvisionnement sont particulièrement fragiles », a constaté l’élu du Parti libéral du Canada la semaine dernière.

Les tests rapides sont soudainement devenus un important outil de dépistage au Québec au début de l’hiver. Depuis la semaine dernière, les tests PCR analysés en laboratoire sont réservés au personnel de la santé et de l’éducation. La population générale doit, elle, se tourner vers les tests rapides, qui arrivent au compte-goutte dans les pharmacies.

Avec Boris Proulx

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