Plus de 500 personnes ont quitté le réseau de la santé depuis décembre

Valerian Mazataud (Archives) Le Devoir

Les démissions s’additionnent dans le réseau de la santé, malgré l’octroi de primes à l’attraction et à la rétention par Québec. De décembre 2021 à aujourd’hui, 518 préposés aux bénéficiaires, infirmières auxiliaires et infirmières ont quitté le navire, selon des données obtenues par Le Devoir auprès de 17 établissements de santé.

Pour faire face à la pénurie de main-d’œuvre, le ministre de la Santé et des Services sociaux, Christian Dubé, doit annoncer de nouvelles mesures pour attirer du personnel et retenir les soignants dans le réseau de la santé. L’annonce doit avoir lieu « au cours des prochaines heures », a déclaré mardi le premier ministre, François Legault, lors d’un point de presse sur la crise sanitaire. Celle-ci a finalement été repoussée au lendemain.

Le gouvernement veut ouvrir 1000 lits afin d’accueillir des patients atteints de la COVID-19. « On calcule actuellement, pour être capables de passer à travers les prochaines semaines, […] qu’on va avoir besoin de 1000 employés de plus dans les hôpitaux et de 1500 employés de plus dans les CHSLD », a déclaré M. Legault en point de presse.

Québec tente par tous les moyens de recruter des travailleurs de la santé. Plus de 20 000 employés du réseau de la santé sont absents en raison de la COVID-19. Quelque 30 000 autres le sont aussi pour d’autres raisons, comme des congés de maladie ou de maternité.

En point de presse la semaine dernière, le ministre Dubé avait dit être en discussions avec les syndicats afin de trouver des solutions à la pénurie de main-d’œuvre. Il avait indiqué que le Conseil du Trésor et le ministère du Travail étaient impliqués dans ce dossier. Jusqu’ici, le climat est « très positif » et les syndicats offrent une « belle collaboration », s’est félicité le premier ministre. Il a dit chercher à trouver de nouveaux moyens d’améliorer l’environnement de travail, l’efficacité du réseau d’un point de vue administratif et des incitatifs financiers pour « convaincre ceux qui peuvent donner plus d’heures d’en donner plus ».

Les primes insuffisantes

Plus de trois mois après leur annonce, les primes mises sur pied par le gouvernement Legault ont des effets limités. En date du 6 janvier, un total de 1779 personnes s’étaient engagées à venir travailler dans le réseau public, bien loin de l’objectif de 4000 travailleurs que s’était fixé Québec dans « un horizon à très court terme ».

Le gouvernement a dans un premier temps assoupli les conditions associées aux primes, en plus de reporter d’un mois — au 14 janvier — la date butoir afin que les professionnels en soins signalent leur intérêt. Québec a ensuite fait passer la prime offerte aux infirmières à 30 000 $ dans les régions éloignées.

En plus de 1779 personnes engagées en date du 6 janvier, 4821 personnes qui travaillaient à temps partiel sont passées à temps complet, selon les chiffres du ministère de la Santé. En comparaison, au 9 décembre, 1356 personnes avaient été embauchées et 4254 avaient accepté un poste à temps complet.

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