Début de semaine «compliqué» dans les garderies

Une certaine confusion règne sur l’application des règles sanitaires en milieu de garde.
Photo: iStock Une certaine confusion règne sur l’application des règles sanitaires en milieu de garde.

C’est un début de semaine difficile pour les garderies de la province. Le nombre de cas de COVID-19 qui se multiplie est du « jamais vu », tandis qu’une certaine confusion règne sur l’application des règles.

« C’est une semaine assez compliquée qui a débuté, et on savait qu’elle ne serait pas simple », lance Geneviève Bélisle, directrice de l’Association québécoise des centres de la petite enfance (AQCPE).

« On voit que c’est beaucoup plus intense [pour ce qui est de la] quantité de cas, ajoute-t-elle. Je parlais avec un directeur général de CPE [en Beauce] lundi matin, qui me disait qu’il y a eu sept fermetures de groupe dans toute l’année. Et là, il a déjà fermé trois groupes. »

« C’est du jamais vu, renchérit Samir Alahmad, président de l’Association des garderies privées du Québec (AGPQ), qui a reçu beaucoup d’appels mardi. Ça commence à faire peur, on a beaucoup de cas. Va-t-on avoir des fermetures de garderie, va-t-on avoir assez de personnels pour travailler ? »

Des nouvelles éclosions au Québec, 26 % sont rapportées en milieu de garde en ce début de semaine, selon des données de l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ). Contacté par Le Devoir, le ministère de la Famille a indiqué qu’il ne collecte pas de données sur le nombre d’enfants en isolement. L’AGPQ et l’AQCPE ne sont également pas encore en mesure d’avoir un portrait clair du nombre de groupes fermés dans le réseau.

Confusion et exaspération

À cela s’ajoutent des questionnements. L’AQCPE rapporte avoir reçu plusieurs appels en provenance de ses membres, qui se posent des questions techniques. « Ils se demandent à quel moment il y aura des approvisionnements de tests rapides, comment on gère les enfants qui ont eu la COVID-19 ou comment on réintègre une éducatrice qui a eu la COVID-19, énumère Geneviève Bélisle. J’espère que nous aurons rapidement les arrivages de tests rapides, cela va nous donner un bon coup de main. »

Du côté de l’AGPQ, on note que les règles peuvent varier d’une région à l’autre et qu’il y a parfois un manque de clarté. « On envoie à nos membres des rappels pour vulgariser ce qui se passe, mais il y a encore une certaine confusion. Il y a des cas faciles à gérer, mais parfois ça se complique », mentionne Samir Alahmad.

Des questions persistent également du côté des parents. Comme pour Delphine Charmet, à Montréal, dont les enfants ont reçu des résultats positifs à la COVID-19 le 25 décembre dernier. Après un retour à la garderie à la fin de leur isolement, l’éducatrice de son fils a toutefois obtenu un diagnostic positif le 9 janvier. « La directrice nous a appelés pour qu’on isole notre fils jusqu’au 19 janvier. On ne comprend pas plusieurs choses. Puisqu’il vient de sortir d’isolement, pourquoi doit-il encore s’isoler. C’est certain que, si proche de son infection, il ne peut pas propager à nouveau la maladie », affirme celle qui dit ressentir de la confusion et de l’exaspération.

La question n’est pas claire, confirme l’AQCPE. « Dans certaines régions, il y a des isolements et pour d’autres, non. Ça peut créer des frustrations pour les parents. Les directives sont différentes selon les directions de santé publique régionale, mentionne Geneviève Bélisle. Si quelqu’un l’a déjà eue [la COVID-19], est-ce que c’était le variant Delta ou Omicron ? »

Des parents craignent également une accumulation de journées d’isolement de leurs enfants, à coups de 10 jours pendant une longue période. Chloé Patenaude, une enseignante dont la fille est isolée pendant dix jours, appréhende son retour au travail le 24 janvier. « Si l’événement se reproduit, il me sera impossible d’enseigner et de garder mon bébé à la maison. De ce côté-là, il n’y a aucune aide ni rien de prévu. En ce moment, par exemple, je suis censée monter mes cours, mais je ne peux pas le faire parce que ma fille n’est pas à la garderie », raconte-t-elle au Devoir.

Le ministère de la Famille indique de son côté par courriel qu’il est « important de noter que les consignes pourraient évoluer au cours des prochains jours, en fonction du contexte changeant auquel nous sommes confrontés ». « De plus, certaines consignes peuvent être différentes d’une région à l’autre par les directions régionales de santé publique considérant leurs situations respectives dans leur territoire », ajoute-t-on. Un bulletin d’information a également été envoyé la semaine dernière aux services de garde pour expliquer les nouvelles directives.

Certains réclament un avis de l’INSPQ pour uniformiser les règles, mais ce n’est pas dans les plans de l’organisme, rapporte Samir Alahmad.



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