COVID-19: combien de temps sommes-nous contagieux?

Une personne infectée par le coronavirus devait s’isoler 10 jours à partir de la date d’apparition des symptômes ou de confirmation d’un test positif, selon Québec. Or, cette période a été depuis révisée et descendue à 5 jours. En réalité, il n’y a pas de calendrier exact ni même de méthode précise qui indiquerait si l’on est encore contagieux.

« Ça dépend », explique Hélène Carabin, professeure d’épidémiologie des maladies infectieuses à l’Université de Montréal. « Ça dépend si on est immunosupprimé, ça dépend de la vitesse avec laquelle on se débarrasse du virus, ça dépend si la personne est vaccinée. »

En général, le risque de contagion diminue sensiblement entre 6 et 10 jours après l’apparition des premiers symptômes ou la confirmation de l’infection par un test positif. Selon les Centres de prévention et de lutte contre les maladies (CDC) des États-Unis, le « potentiel statistique » d’être encore contagieux devient presque nul une fois atteint le 11e jour.

La présence de symptômes peut indiquer qu’une personne est contagieuse au-delà de ce seuil, bien que ce ne soit pas toujours le cas. « Parfois, les symptômes peuvent être les conséquences de la réponse immunitaire au virus. Donc, ça peut être les conséquences de l’inflammation, alors qu’il ne reste presque pas de virus », explique Hélène Carabin.

Un test positif ne signifie pas nécessairement que la personne est contagieuse, poursuit-elle, car un malade peut porter en lui des copies du virus incapables d’infecter un autre individu. « Mais, la règle générale, c’est que quand il y a beaucoup [de virus], il y a bien plus de chances que ça soit infectieux que s’il n’y en pas beaucoup. »

Devant tant d’incertitude, le jugement et la prudence restent les meilleures armes de protection, croit-elle. « Après 5 jours, même si les gens retournent au travail, il faut que ce soit en prenant des précautions à la lettre. […] Et ce n’est vraiment pas le temps d’aller serrer vos proches, vos grands-parents dans vos bras. »

Ce texte est tiré de notre infolettre « Le courrier du coronavirus » du 10 janvier 2022. Pour vous abonner, cliquez ici.



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