​Situation critique à la banque de sang de l'hôpital Maisonneuve-Rosemont

Le laboratoire de coagulation de l’hôpital Maisonneuve-Rosemont ne fonctionnerait qu’à 33% des effectifs cette semaine, selon l’Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux.
Photo: Kirsty Wigglesworth Associated Press Le laboratoire de coagulation de l’hôpital Maisonneuve-Rosemont ne fonctionnerait qu’à 33% des effectifs cette semaine, selon l’Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux.

Les techniciennes de la banque de sang de l’hôpital Maisonneuve-Rosemont, à Montréal, se mobiliseront mardi midi pour lancer un cri d’alerte au gouvernement. Elles dénoncent la pénurie de personnel actuel, qui mettrait selon elles en péril le fonctionnement du laboratoire.

Le laboratoire de coagulation de l’hôpital Maisonneuve-Rosemont ne fonctionnerait qu’à 33 % des effectifs cette semaine, selon l’Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS). Celui d’hématologie générale roulerait à 64 %, et la banque de sang, à 71 %. Tous secteurs confondus, il manquerait au moins 25 % des effectifs, ce qui nécessite deux personnes qui font des heures supplémentaires pour chaque quart de soir.

« C’est dangereux », estime Nathalie Chalifoux, représentante nationale de l’APTS pour le CHUM et les laboratoires médicaux associés.

« C’est dramatique pour la population de l’est de Montréal. La banque de sang, c’est vital dans un hôpital. Si les quarts sont à découvert, c’est dangereux pour la population parce qu’on ne peut pas donner du sang sans analyses. C’est aussi là qu’on s’occupe du plasma, des plaquettes, etc. Pas de labos, pas d’hôpitaux ! » lance la représentante syndicale, qui exhorte le gouvernement à mettre en place des incitatifs pour retenir les techniciennes en poste et en attirer de nouvelles au sein du laboratoire.

Le CIUSSS de l’Est-de-l’Île-de-Montréal nous a dirigés vers Optilab-CHUM ​qui gère le dossier des laboratoires dans son ensemble. Optilab-CHUM a confirmé au Devoir que quatre postes sont dépourvus de titulaire et que cinq postes sont vacants en raison de congés de maladie.

« Le laboratoire de l’hôpital Maisonneuve-Rosemont est effectivement sous pression. En novembre dernier, des membres du syndicat et du CHUM ont cherché des solutions à mettre en place rapidement pour soulager les équipes », explique Andrée-Anne Toussaint, conseillère en communications au CHUM. « Des horaires atypiques ont ainsi été introduits afin de couvrir une partie du quart de soir et de nuit et ainsi stabiliser ces quarts de travail plus complexes à pourvoir. Cette solution a été implantée juste avant Noël », ajoute-t-elle, tout en confirmant que malgré les affichages de poste et le rehaussement à temps plein de certains, il n’a toujours pas été possible de pourvoir ces quarts. « Les travailleurs des laboratoires sont indispensables aux soins prodigués aux patients », affirme pourtant Mme Toussaint.

Des départs non remplacés

Les techniciennes de laboratoire de l’hôpital Maisonneuve-Rosemont sont à bout de souffle. Elles font fonctionner la banque de sang de l’établissement en effectuant des heures supplémentaires le soir et la nuit à tour de rôle depuis près d’un an. Et elles ne semblent pas voir la fin de cette solution d’appoint, alors que des postes sont à pourvoir de jour comme de nuit et que deux collègues ont quitté leur emploi au cours des dernières semaines, sans être remplacées.

C’est le cas de Barbara Gaudreault, technicienne de la banque de sang depuis 20 ans qui a choisi de démissionner, au bout du rouleau, le 22 décembre dernier.

« Je commençais à être épuisée. Ça devait être temporaire, mais ça faisait deux ans. Il ne restait qu’une personne sur quatre de nuit en poste. Ça revenait trop souvent », explique Mme Gaudreault, qui fait maintenant partie de la troupe de vaccinateurs.

Également ostéopathe, elle raconte avoir concilié ses deux passions depuis 2014 et avoir accepté, comme bien d’autres employés du laboratoire, d’être sur une liste de personnes prêtes à faire des heures supplémentaires pour remédier au manque d’effectifs de nuit. « Mon employeur n’acceptait pas que je refuse de faire certaines nuits quand je travaillais en ostéo de jour. Alors je suis partie. »
 

 

Une version précédente de ce texte identifiait par erreur Nathalie Chalifoux de l'APTS comme Brigitte Chalifoux. Nous avons corrigé le prénom pour identifier correctement Nathalie Chalifoux. 

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