Le tiers des personnes décédées n’étaient pas adéquatement vaccinées

Alors qu’ils ne forment que 10% de la population, les non-vaccinés représentaient 32% des décès dans le dernier mois.
Photo: Valérian Mazataud Le Devoir Alors qu’ils ne forment que 10% de la population, les non-vaccinés représentaient 32% des décès dans le dernier mois.

Les Québécois non vaccinés sont surreprésentés parmi les récents décès liés à la COVID-19 : s’ils ne correspondent qu’à une personne sur dix dans la population générale, ils représentent une personne sur trois parmi les décès survenus lors du dernier mois.

Des 234 personnes décédées au cours des 28 derniers jours, 75 n’avaient donc pas reçu toutes leurs doses de vaccin, selon des données obtenues par Le Devoir vendredi. Parmi elles, 52 (69 %) étaient âgées de 70 ans et plus.

Si ce chiffre peut paraître bas, le ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) rappelle qu’il est normal que les citoyens vaccinés soient surreprésentés, considérant leur poids.



« Puisqu’environ 94 % des personnes de 60 ans et plus ont reçu au moins deux doses du vaccin contre la COVID-19, il est normal d’observer un nombre de décès plus important chez les personnes vaccinées », a-t-il indiqué par courriel.

Parmi les 158 décès chez les personnes vaccinées, près de 90 % (138) étaient âgées de 70 ans et plus. Un décès est survenu chez une personne âgée de moins de 30 ans, mais son statut vaccinal n’a pas été révélé « afin de respecter les règles relatives à la divulgation et de protéger la confidentialité ».

« Plus le nombre de gens adéquatement vaccinés augmente, plus la probabilité de voir des cas chez des vaccinés est augmentée par rapport aux non-vaccinés comme la transmission de la maladie dans la communauté se poursuit et que les vaccins ne sont pas efficaces à 100 % contre l’infection », ajoute le MSSS.

Des travaux collaboratifs entre l’INSPQ et le MSSS sont en cours pour produire une incidence de décès ajustée, suivant la même méthode que celle des cas et des hospitalisations.

Montée considérable

Au moment où le raz-de-marée Omicron fait des ravages dans les hôpitaux, les bilans des décès liés au virus s’alourdissent, eux aussi. Au deuxième jour de 2022, le Québec enregistrait une moyenne de 20 décès quotidiens (moyenne mobile sur 7 jours), la plus élevée depuis près d’un an, le 11 février 2021.

On comptait parallèlement une moyenne de 3 décès quotidiens un mois plus tôt, le 2 décembre, dans les débuts de la cinquième vague. Ce nombre s’est donc multiplié par plus de 6 en un seul mois.

Du 26 décembre au 1er janvier, 87 décès ont été déclarés dans la province, selon les données de l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ). Il s’agit de 50 décès de plus que la semaine précédente et 60 de plus que deux semaines plus tôt.

 


De plus, 23 nouveaux décès ont respectivement été rapportés pour la journée du 4 et du 5 janvier. Il s’agit du plus grand nombre de décès signalés en une seule journée depuis le 9 février 2021.

La semaine dernière, le directeur national de santé publique du Québec, le Dr Horacio Arruda, affirmait qu’« au moins 30 à 40 % des patients » hospitalisés et atteints de la COVID-19 n’avaient pas été admis pour traiter cette maladie. La comptabilisation des décès suit-elle la même méthodologie ?

Pour qu’un décès soit comptabilisé dans le bilan officiel, la COVID-19 (confirmée par laboratoire ou par lien épidémiologique) doit avoir contribué au décès, a expliqué le ministère de la Santé au Devoir. La COVID-19 peut ainsi avoir été la cause principale ou secondaire du décès.

« Les patients atteints de la COVID-19 qui meurent de façon violente (accident, suicide, homicide) ne sont bien sûr pas comptabilisés dans le bilan officiel de décès », ajoute le MSSS.

Aînés à risque

Les personnes âgées restent le groupe le plus touché par la mortalité attribuable au virus. Plus de la moitié des décès de la semaine du 30 décembre au 5 janvier étaient des personnes âgées de 80 ans et plus.

 

Le jour de Noël, 12 personnes sont décédées des suites de la COVID-19 dans la province. Elles étaient toutes âgées de 70 ans et plus. Autre bilan plus récent : des 23 décès répertoriés le 5 janvier, 21 personnes avaient au moins 70 ans.

Par ailleurs, plus de 90 % des décès cumulatifs chez les 70 ans et plus (70-79 ans, 80-89 ans, 90 ans et plus) concernaient des personnes ayant au moins deux conditions médicales préexistantes. Moins de 2 % des décès survenus dans chacun de ces groupes d’âge n’avaient pas de condition médicale.

L’hypertension, le diabète, les maladies cardiovasculaires, le cancer et les troubles neurologiques sont entre autres parmi les conditions aggravantes.

La situation semble demeurer sous contrôle dans les milieux de vie pour aînés pour le moment. Parmi les 89 décès du 26 au 1er janvier, 71 (80 %) sont survenus à domicile ou dans un lieu inconnu. Plus de 13 % des décès (12) sont survenus en centres d’hébergement de soins de longue durée (CHSLD) et en centres hospitaliers (CH). Cinq décès sont également survenus en résidences privées pour aînés (RPA).

Au plus fort de la pandémie, on recensait 625 décès dans les CHSLD et les CH pour la semaine du 19 avril 2020 uniquement.

Le bilan des décès s’élève à 11 873 décès depuis le début de la pandémie.

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