Québec se dit dans le noir après janvier pour la livraison des tests rapides

Depuis le début de la pandémie, c’est le fédéral qui s’est chargé d’offrir les cargaisons d’autotests aux provinces.
Photo: Guillaume Levasseur Archives Le Devoir Depuis le début de la pandémie, c’est le fédéral qui s’est chargé d’offrir les cargaisons d’autotests aux provinces.

Alors que plus de 30 millions d’autotests rapides doivent atterrir au Québec dans les prochaines semaines, le gouvernement de François Legault se plaint qu’Ottawa le garde dans le noir pour les mois suivants. Le fédéral reconnaît travailler à un approvisionnement à plus long terme.

« Les prochaines livraisons, ça ne sera pas suffisant », a convenu le directeur général de la gestion exécutive et opérationnelle de la pandémie au Québec, Daniel Paré, lors d’une entrevue avec Le Devoir.

Québec attend 31,5 millions de dispositifs de dépistage pour le mois de janvier. L’annonce, faite mercredi par Ottawa, a fait le bonheur de M. Paré qui, en plus de coordonner la stratégie de vaccination depuis le début de la crise sanitaire, se charge de la distribution des autotests.

« On est bien contents », a souligné l’ex-président-directeur général du CISSS de Chaudière-Appalaches.

« Zéro prévisibilité »

Or, ce sont les mois à venir qui clochent. « Pour février et pour mars, j’ai zéro prévisibilité, a soutenu M. Paré. Nous, ce qu’on va vouloir, c’est aller en chercher plus. »

Questionné à ce sujet vendredi, le ministre fédéral de la Santé, Jean-Yves Duclos, n’a pas pris d’engagement pour les livraisons de tests rapides au-delà du mois de janvier. Durant ce mois, 140 millions d’autotests sont attendus au pays, dont 31,5 millions pour le Québec, soit un peu moins de quatre tests par personne.

« J’admets, et je reconnais, et j’entends très bien le souhait de tous mes collègues à travers le pays d’avoir plus de prévisibilité, a-t-il indiqué en conférence de presse. C’est ce que nous aussi on souhaite, avoir plus de prévisibilité auprès de nos fournisseurs […] qui sont dans un environnement où les chaînes d’approvisionnement sont particulièrement fragiles. On travaille plutôt bien par rapport à d’autres pays. »

Des discussions ont été entamées jeudi pour une stratégie de distribution des tests rapides à plus long terme, explique le ministre Duclos.

« Peu de demandes » avant décembre, dit le fédéral

Depuis le début de la pandémie, c’est le fédéral qui s’est chargé d’offrir les cargaisons d’autotests aux provinces. À la mi-décembre, la vice-première ministre, Chrystia Freeland, avait soutenu qu’il y avait « déjà beaucoup de tests rapides au pays », implorant les provinces à utiliser les quelque 85 millions de tests arrivés avant décembre, ce à quoi 35 millions se sont ajoutés avant les Fêtes.

« Avant décembre, comme on l’a dit, avec respect, mais c’est la vérité, il y avait peu de demandes de la part des provinces et des territoires pour la distribution de ces tests rapides partout au pays. Ce n’est pas un blâme, c’est un constat », a expliqué le ministre Duclos vendredi.

Craignant des retards, le ministère québécois de la Santé et des Services sociaux a procédé à ses propres achats. Environ trois millions de tests supplémentaires doivent arriver sur les rayons des pharmacies à partir de mardi prochain.



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