La Santé publique de Montréal en alerte

Mylène Drouin, directrice régionale de la santé publique de Montréal, le 15 décembre 2021
Photo: Jacques Nadeau Archives Le Devoir Mylène Drouin, directrice régionale de la santé publique de Montréal, le 15 décembre 2021

Le réseau de la santé montréalais sera mis à rude épreuve au cours des prochaines semaines. Pas moins de 3668 nouveaux cas de COVID-19 — dont 90 % sont liés au variant Omicron — ont été enregistrés jeudi dans la métropole. Les autorités signalent que si les hôpitaux débordent, certaines petites urgences pourraient fermer leurs portes 12 heures par jour afin que leur personnel soit réaffecté dans les centres hospitaliers qui auront besoin de renforts.

« Une personne sur cinq qui se présente pour un test de dépistage est positive, a dit la directrice régionale de santé publique de Montréal, la Dre Mylène Drouin, en point de presse. C’est du jamais vu. Et il y a certainement une sous-estimation de la réalité, parce que beaucoup de gens n’arrivent pas à avoir de rendez-vous pour le dépistage. Les cas de tests rapides ne sont pas nécessairement déclarés. »

Les cas explosent dans la métropole, en particulier dans les quartiers centraux, comme La Petite-Patrie, le Plateau-Mont-Royal, le Mile-End, Villeray, le centre-ville et Hochelaga. « Les jeunes adultes, via les contacts sociaux, se sont infectés », a expliqué la Dre Drouin.

La directrice régionale de santé publique invite les Montréalais à appliquer la règle du rassemblement de six personnes dès maintenant plutôt que d’attendre au 26 décembre, date à laquelle la mesure du gouvernement entre en vigueur.

« Je peux comprendre, pour la journée de Noël, le 24, le 25, dans un contexte de santé mentale, d’avoir de petits rassemblements, avec peut-être juste les parents ou la bulle immédiate, a dit la Dre Drouin. Dans ces contextes sécuritaires, avec l’aération et toutes les mesures, je pense qu’on peut se le permettre. L’idée, c’est de ne pas multiplier les rassemblements, les événements, les endroits sans masque. »

La directrice régionale de santé publique veut « couper la transmission juste avant Noël pour éviter que la hausse [des cas] ne se répercute chez les personnes plus âgées ». Les équipes de recherche de contacts, débordées, se concentrent d’ailleurs sur les « groupes plus vulnérables », comme les 60 ans et plus, les aînés vivant dans des résidences pour personnes âgées, les lieux d’hébergement en itinérance et les travailleurs de la santé, a précisé la Dre Drouin.

Les citoyens infectés sont désormais mis à contribution. Ils doivent aviser eux-mêmes les gens qu’ils ont côtoyés étroitement (à l’intérieur, sans masque et pendant plus de 15 minutes) 48 heures avant l’apparition de leurs symptômes ou la réalisation de leur test.

« On a envoyé plus de 2000 lettres à des familles dont les enfants sont associés à des éclosions dans leur classe, a ajouté la Dre Drouin. On [leur] a demandé de [s’]isoler. » La Santé publique les a invitées à recourir à leur trousse de cinq tests distribuée par les écoles plutôt qu’à se présenter dans un centre de dépistage.

Délestage

Le réseau de la santé montréalais est sur un pied d’alerte. Jeudi matin, 181 personnes atteintes de la COVID-19 étaient hospitalisées, ce qui correspond à une hausse de 60 % par rapport à la semaine dernière, a précisé Sonia Bélanger, p.-d.g. du CIUSSS du Centre-Sud-de-l’Île-de-Montréal et représentante du centre de commandement COVID-19 de la métropole.

Pour le moment, dans la métropole, 550 lits sont réservés aux patients souffrant de la COVID-19. D’après les dernières projections, cette capacité pourrait être atteinte dès janvier.

« Selon la situation, nous pourrions augmenter ce nombre de lits à 1000 dans les prochains jours », a indiqué Sonia Bélanger en point de presse.

Afin de rehausser le nombre de lits disponibles pour les patients infectés, les établissements de santé ont commencé à se délester d’activités en clinique externe et ambulatoire. « Les interventions chirurgicales sont réduites de 50 %, a ajouté Sonia Bélanger. Nous pourrions aller jusqu’à réduire l’ouverture de certaines petites salles d’urgence pour prêter main-forte aux endroits où il y aurait plus d’achalandage. » Aucune urgence en particulier n’a encore été ciblée, a-t-elle précisé lorsque questionnée sur le sujet.

D’autres mesures sont prévues, selon la p.-d.g. Des médecins spécialistes seront réaffectés à la vaccination et iront prêter main-forte aux soins intensifs et aux urgences. Les omnipraticiens, eux, pourraient offrir leur aide dans les CHSLD, dans les résidences privées pour aînés et au soutien à domicile.

Sonia Bélanger s’est dite « assez inquiète » devant la flambée des cas, qui a atteint un sommet inégalé jeudi. Le réseau montréalais compte 1200 travailleurs de la santé de moins, qui soit ont testés positifs à la COVID-19 soit sont en isolement. À ceux-ci s’ajoutent 1000 employés absents pour d’autres raisons. « La pression est extrêmement importante », a-t-elle souligné.

​Quoi faire en cas de symptômes ou de test positif ?

  • Des symptômes ? On porte le masque, on s’isole et on passe un test rapide ou un test dans un centre de dépistage.  
  • Le résultat du test rapide est positif ? Pas besoin d’un test en centre de dépistage pour confirmer. On s’isole 10 jours à partir de la date du premier symptôme ou du test positif. Les membres du domicile aussi.  
  • Le test PCR est positif ? On devrait recevoir un courriel de la Santé publique avec un questionnaire d’enquête simplifié. Il faut alors aviser nos contacts étroits rencontrés 48 heures avant les symptômes ou avant le test positif et leur demander de s’isoler 10 jours. S’ils sont symptomatiques, ils doivent passer un test. Sinon, ils peuvent recourir à un test rapide au jour 3, 4 ou 5, afin de vérifier leur état.  
  • Vous voulez vous tester avant un party ? N’allez pas dans un centre de dépistage. Les cliniques sont débordées.  

Source : Direction régionale de santé publique de Montréal

Quoi faire en cas de symptômes ou de test positif

Des symptômes ? On porte le masque, on s’isole et on passe un test rapide ou un test dans un centre de dépistage.

 

Le résultat du test rapide est positif ? Il n’est pas nécessaire de faire confirmer le résultat en centre de dépistage. On s’isole 10 jours à partir de la date du premier symptôme ou de réalisation du test. Les membres du domicile aussi.

 

Le test PCR est positif ? On devrait recevoir un courriel de la Santé publique accompagné d’un questionnaire d’enquête simplifié. Il faut alors aviser nos contacts étroits rencontrés 48 h avant l’apparition des symptômes ou la réalisation du test et leur demander de s’isoler 10 jours. S’ils sont symptomatiques, ils doivent passer un test. Sinon, ils peuvent recourir à un test rapide au jour 3, 4 ou 5 afin de vérifier leur état.

 

Vous voulez vous faire tester avant un rassemblement ? N’allez pas dans un centre de dépistage. Les cliniques sont débordées.

 

Source : Direction régionale de santé publique de Montréal



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