Omicron, restrictions, réveillon: petit guide pour y voir plus clair

Malgré le maintien de la possibilité de se rassembler à 10 personnes, annoncée par le premier ministre François Legault mercredi soir, plusieurs Québécois songent à revoir leurs plans pour Noël. Le Devoir a demandé à des experts les éléments à soupeser pour faire des choix éclairés.

Quoi considérer : mode d’emploi

Statut vaccinal. Être pleinement vacciné et s’informer du statut des convives.

Examiner ses contacts sociaux récents. « Idéalement on n’a vu personne depuis une semaine sans porter un masque, sauf notre bulle familiale », illustre Dre Caroline Quach-Thanh, microbiologiste-infectiologue au Centre hospitalier universitaire de Sainte-Justine. Si on a encore le temps avant un rassemblement, réduire ses contacts au minimum.

S’assurer de n’avoir aucun symptôme. Même une « gorge qui gratte un peu » doit être considérée comme un symptôme, poursuit-elle. « Il ne faut pas oublier que nous sommes contagieux dans les deux jours avant les symptômes », rappelle-t-elle.

Passer un test rapide. Si l’on a réussi à s’en procurer, on peut se tester « le plus près possible du moment où l’on verra d’autres personnes à l’intérieur », recommande Dre Quach-Thanh.

Si le test rapide est positif, il faut évidemment s’isoler pour au moins 10 jours à partir du début des symptômes. Si le test est négatif, mais que certains symptômes sont tout de même présents, cette spécialiste conseille de rester à la maison.

Considérant le nombre limité de ces tests, le Directeur national de santé publique du Québec Horacio Arruda a quant à lui demandé mercredi de les réserver aux personnes qui présentent des symptômes.

Comment diminuer les risques ?

De plus petits rassemblements. « La ligne de conduite est simple : moins il y a de personnes dans le même lieu pour la réunion de famille, le mieux c’est », dit le virologue Benoit Barbeau.

Porter un masque et pratiquer la distanciation sociale, tel que l’a rappelé le premier ministre François Legault lors de son annonce.

Ventilation. Le virus se transmet par aérosols. Un « mouvement d’air » comme une fenêtre ouverte peut donc éviter que ceux-ci stagnent dans une pièce, ajoute le spécialiste. Privilégiez aussi les plus grandes pièces et les hauts plafonds les plus grands à disposition.

Sortir. Prendre une marche, boire un verre ou grignoter dehors, pourquoi ne pas « maximiser les activités extérieures », suggère aussi M. Barbeau. Le risque d’être contaminé en plein air est beaucoup moindre qu’entre quatre murs.

Diminuer le nombre d’événements. « Il faut être conscient que la fréquence des réunions peut aussi jouer », dit ce professeur.

Doit-on éviter de voir des personnes vulnérables ?

Plusieurs personnes âgées ou plus à risque ont déjà reçu une dose de rappel, mais il faut compter au moins 10 jours pour qu’elle soit « pleinement efficace », précise le virologue.

« Il faut toujours se demander : si jamais j’expose quelqu’un malgré mes précautions, est-ce que je vais être capable de vivre avec les conséquences ? », suggère aussi Dre Quach-Thanh. Les risques ne sont jamais nuls, renchérit son collègue, mais « vous pouvez créer un contexte plus favorable ».

Puis-je répandre le virus même si je suis pleinement vacciné ?

« Oui, car ce n’est plus suffisant avec Omicron » met en garde la Dre Caroline Quach-Thanh. Même les personnes infectées par le Delta ou un variant précédent plus tôt au début de la pandémie ont des risques clairs de réinfection.

Le vaccin était plus efficace contre les versions précédentes du virus et il le demeure en partie contre les complications graves ; mais le personnel du système de santé tombe malade, constate-t-elle directement dans son milieu de travail et il faut donc « craindre le délestage ».