Une dose de rappel contre les effets graves de la COVID-19

La dose de rappel semble de plus en plus inévitable pour prémunir la population contre les conséquences graves de la COVID-19.
Tolga Akmen (Archives) Agence France-Presse La dose de rappel semble de plus en plus inévitable pour prémunir la population contre les conséquences graves de la COVID-19.

La troisième dose, dite de rappel, du vaccin de Moderna augmente « significativement » la protection contre les infections et les hospitalisations, mais n’engendre pas le niveau d’immunité conféré par deux doses contre les anciennes souches du coronavirus.

« C’est dur à dire », concède le directeur médical de Moderna Canada, Shehzad Iqbal, en entrevue avec Le Devoir.

« Quand on regarde les données sur la neutralisation, ça ne revient pas aux niveaux [de protection] contre la souche ancestrale. On a fait une comparaison avec l’un des pires variants que l’on a vus jusqu’à présent quant à l’effet de neutralisation, le variant Beta, qui, lui aussi, avait plusieurs mutations. Comme prévu, ça semble pire, à cause de l’énorme quantité de mutations [d’Omicron]. »

D’autres vaccins prometteurs

Son employeur, un pionnier de la nouvelle technologie des vaccins à ARNm, clame pouvoir mettre au point de nouveaux vaccins en 100 jours. « Développer un vaccin à ARNm ne prend que quelques jours, précise M. Iqbal. Ensuite, on entre dans l’étape de la fabrication, pour créer le matériel. Ça peut prendre entre 40 et 60 jours, en fonction de la quantité de matériel que l’on veut créer. Puis, on entre dans la phase de tests cliniques. »

C’est pourquoi, outre les doses de rappel de 50 µg et de 100 µg aux résultats encourageants publiés lundi, l’entreprise travaille à perfectionner des « vaccins multivalents ». Ces nouveaux vaccins « ciblent toujours le spicule, mais de différents variants recombinés », explique Shehzad Iqbal.

Les données sur l’efficacité de ces nouvelles générations de vaccins sont attendues « dans les prochaines semaines ».

Les sceptiques qui doutent de l’innocuité de ces vaccins en raison de cette rapide mise au point doivent noter que des scientifiques travaillent sur la technologie de l’ARNm depuis 10 ans. « Même les scientifiques ont été surpris de l’efficacité de la technologie », raconte celui qui a travaillé durant toute sa carrière dans le monde de la vaccinologie.

Si le variant Omicron inquiète M. Iqbal, l’avenir de la pandémie lui réservera d’autres surprises, concède-t-il lui-même.

« L’inconnu, c’est qu’on ne sait pas comment il va muter. On est encore dans les premiers jours de la maladie, du point de vue du virus. »

Ce texte est tiré de notre infolettre « Le courrier du coronavirus » du 20 décembre 2021. Pour vous abonner cliquez ici.

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