Omicron, ce variant qui se propage très vite

Beaucoup d’incertitudes planent autour d’Omicron, mais une chose est sûre: ce variant se répand très vite. Cette mutation du coronavirus se propage à la même vitesse qu’au début de la pandémie.

Le taux de transmission (Rt) du variant Omicron est de 3,32 selon les autorités sanitaires de l’Ontario. Le Royaume-Uni estime plutôt ce nouveau Rt à 3,7. Autrement dit, chaque personne infectée par Omicron en infectera entre 3 et 4 autres à son tour. Ces données s’apparentent aux statistiques observées en avril 2020 et sont «crédibles», selon le virologue Benoît Barbeau.

La courbe de contamination en Afrique du Sud confirme cette nouvelle tendance. La plus récente mutation n’a eu besoin que d’un mois pour devenir dominante en Afrique du Sud, alors que le variant Delta avait pris le dessus progressivement au courant de l’été 2021.

Les données d’Angleterre pointent dans la même direction. «On y parlait d’une dizaine de pourcentages d’échantillons positifs [à Omicron], et soudainement on parle de 40%», relate Benoît Barbeau. «Ce variant se transmet extrêmement activement, même dans une population qui est relativement bien vaccinée.»

Les vaccins semblent toujours conférer une protection contre les formes graves de la COVID-19. Or, un petit pourcentage de formes graves dans un très grand nombre d’infections signifierait une surcharge des systèmes de santé, note le virologue associé à l’UQAM.

«Si on ne contrôle pas assez cette transmission-là, quand bien même Omicron ne serait pas associé à des symptômes graves, si vous avez 4000 à 5000 cas par jour, vous allez en avoir beaucoup [à l’hôpital].»

Si la transmission reprend de plus belle, la situation n’est pas exactement la même qu’au début de 2020, car les autorités sanitaires disposent de davantage d’outils. Les interventions médicales se sont améliorées. La transmission par aérosols est davantage comprise et la prévention par ventilation mieux appliquée. Les vaccins demeurent efficaces, et une troisième dose deviendra bientôt une réalité. «On a beaucoup de solutions à notre portée. Il faut les utiliser de façon ciblée», conseille l’expert en virologie.

Ce texte est tiré de notre infolettre « Le courrier du coronavirus » du 13 décembre 2021. Pour vous abonner, cliquez ici.

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