Face à Omicron, la troisième dose est la meilleure arme

Une fiole de vaccin avec des seringues.
Jalaa Marey (Archives) Agence France-Presse Une fiole de vaccin avec des seringues.

La troisième dose de vaccin se présente comme la meilleure arme pour lutter contre le variant Omicron selon les dirigeants de BioNTech et de Moderna, les autorités sanitaires américaines et les experts consultés par Le Devoir.

Avec le variant Delta, « l’effet protecteur des vaccins avait certes diminué, mais restait suffisant », a affirmé récemment le patron de BioNTech, Ugur Sahin, dans une conférence de presse virtuelle. Or, Omicron pose de nouveaux défis : « 32 des 50 modifications identifiées jusqu’à présent concernent la protéine Spike », ce qui « pourrait avoir pour conséquence que les défenses immunitaires de l’organisme ne reconnaissent plus suffisamment la protéine ».

Une troisième dose « neutralise » le variant Omicron, a-t-il ajouté, tandis que deux doses s’accompagnent d’une diminution « significative » de l’efficacité du vaccin.

Même son de cloche chez Moderna. Le patron de la société de biotechnologies a déclaré dans les médias américains que la perte d’efficacité des vaccins sera « significative » avec le variant Omicron. « Je ne peux pas la quantifier pour le moment, il faut attendre les données, mais tous les scientifiques avec qui j’ai échangé […] m’ont dit “ça ne s’annonce pas bien”. »

Pfizer et BioNTech, tout comme Moderna, estiment par ailleurs que deux doses de leur vaccin sont toujours en mesure de protéger contre les conséquences sévères d’une infection à Omicron. Ugur Sahin a avancé qu’une troisième dose permet d’atteindre un niveau de protection de 95 % d’efficacité « contre n’importe quel niveau de sévérité de la maladie ».

« Le fait de donner une troisième dose avec le vaccin actuel semble faire augmenter le nombre d’anticorps de façon importante et confère une protection adéquate contre le virus », confirme le professeur titulaire et directeur du Département de microbiologie-infectiologie et d’immunologie de l’Université Laval, Louis Flamand.

De nouveaux vaccins en mars

De nouveaux vaccins adaptés au variant Omicron entreront toutefois bientôt en production chez Pfizer-BioNTech. Une nouvelle génération adaptée à ce variant sera disponible à partir du mois de mars prochain, selon Ugur Sahin. Mais la production à grande échelle de ces doses ne sera pas rapidement en vigueur, et les autorités sanitaires ne doivent pas compter sur ces doses pour endiguer Omicron, a-t-il prévenu. « Le mieux, c’est d’obtenir une troisième dose. »

Le docteur Antonio Fauci a lui aussi affirmé la semaine dernière que ces vaccins adaptés aux variants ne seront probablement pas nécessaires.

Certaines compagnies pharmaceutiques planchent de leur côté sur un vaccin qui ciblerait des parties du virus autres que le spicule, comme la protéine M. « Une bonne idée », selon M. Flamand, car « ces protéines sont moins susceptibles de muter, parce qu’elles sont généralement à l’intérieur du virus et ne sont pas soumises à une pression immunologique forte. Elles mutent moins. »

Le virologue Benoît Barbeau estime aussi que de nouveaux vaccins pourraient devenir monnaie courante, puisque le virus devrait muter à nouveau dans l’avenir. « Même si ça a l’air pessimiste, on n’est jamais trop défaitiste quand, chaque année, on découvre une nouvelle souche d’influenza et qu’on se rend compte que le vaccin n’est pas adapté. »

Ce texte est tiré de notre infolettre « Le courrier du coronavirus » du 13 décembre 2021. Pour vous abonner, cliquez ici.

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