Le Royaume-Uni enregistre le premier mort dû à Omicron

Le Royaume-Uni a lancé lundi un ambitieux programme de rappel de vaccin afin de contrer la propagation du variant Omicron, après avoir annoncé le premier décès dû à ce variant la même journée. À la suite de l’annonce, des files d’attente de plusieurs heures se sont rapidement formées dans les centres de vaccination.
Photo: Tolga Akmen Agence France-Presse Le Royaume-Uni a lancé lundi un ambitieux programme de rappel de vaccin afin de contrer la propagation du variant Omicron, après avoir annoncé le premier décès dû à ce variant la même journée. À la suite de l’annonce, des files d’attente de plusieurs heures se sont rapidement formées dans les centres de vaccination.

Le Royaume-Uni a déploré lundi le tout premier décès confirmé dû au variant Omicron en Europe, au moment où il redouble d’efforts pour injecter une dose de rappel de vaccin anti-COVID-19 à tous les adultes d’ici la fin de l’année.

De longues files d’attente de plusieurs heures se sont formées devant les centres de vaccination, le site du service de santé a peiné à répondre aux demandes de rendez-vous et des centaines de militaires ont été mobilisés pour répondre à la tâche herculéenne qu’affrontent les autorités sanitaires.

« J’ai pris ma matinée pour être vaccinée, car je vais voir mes grands-parents », confie à l’Agence France-Presse (AFP) Sarah Jackson, 29 ans, devant un centre de vaccination à Londres. « On m’a dit qu’il y avait une queue de deux heures pour s’inscrire et ensuite deux heures pour être vacciné. »

Le temps presse. Très durement touché par la pandémie avec plus de 146 000 morts et plus de 50 000 contaminations quotidiennes, le pays de 66 millions d’habitants fait désormais face à « un raz-de-marée d’Omicron », selon les termes du premier ministre, Boris Johnson.

« Malheureusement, Omicron génère des hospitalisations, et il a été confirmé qu’au moins un patient est décédé d’Omicron », a déclaré le dirigeant conservateur lors de la visite d’un centre de vaccination à Londres.

On m’a dit qu’il y avait une queue de deux heures pour s’inscrire et ensuite deux heures pour être vacciné

 

Interrogé par l’AFP, le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies a confirmé qu’il « semble en effet s’agir du premier décès confirmé lié au [variant] Omicron » du coronavirus, au moins au sein de l’Europe.

Mais « de nombreux cas [dans le monde] n’ont pas fait l’objet d’un séquençage génomique », et il est donc « impossible de savoir s’il s’agit du premier décès lié à Omicron » tout court, a nuancé le Centre.

Aucun décès lié à Omicron n’a pour l’instant été officiellement annoncé en Afrique du Sud, où ce variant a d’abord été identifié, a indiqué à l’AFP le ministère de la Santé.

Course contre la montre

 

Afin d’éviter de voir les hôpitaux submergés, une course contre la montre est engagée sur le plan vaccinal : l’exécutif a avancé d’un mois l’objectif d’offrir une piqûre de rappel à tous les plus de 18 ans en Angleterre, qui pourront désormais en bénéficier avant le Nouvel An.

La tâche s’annonce titanesque. Multiplication des centres de vaccination, horaires étendus, déploiement de l’armée : la campagne de rappel, qui consistera à doubler le nombre de troisièmes doses offertes à environ un million par jour, est d’une ampleur « jamais vue » dans le pays, a souligné le ministre de la Santé, Sajid Javid, sur Sky News.

Alors que deux doses de vaccin sont considérées comme insuffisantes pour offrir un bon niveau de protection contre le variant Omicron, environ 40 % des plus de 12 ans en ont déjà reçu une troisième.

De nombreux Britanniques ont aussi été placés devant un constat d’échec en tentant de se procurer des tests antigéniques gratuits, puisque les personnes vaccinées qui deviennent cas contacts doivent désormais se tester quotidiennement pour éviter l’isolement : une mesure qui vise à éviter de paralyser l’économie.

Propagation « phénoménale »

Omicron « se propage à un taux phénoménal, que l’on n’avait jamais vu auparavant », les infections étant doublées tous les deux à trois jours, a indiqué Sajid Javid.

Détecté au Royaume-Uni fin novembre, Omicron devrait bientôt être le variant dominant, estime le gouvernement. Au total, 4713 cas d’Omicron ont été identifiés lundi dans le pays, mais le nombre réel de cas serait bien supérieur.

C’est pourquoi le télétravail et le port du masque dans presque tous les endroits fermés ont récemment été décrétés. Malgré cette consigne, le trafic était dense lundi matin dans le quartier d’affaires de la City, et certains bus étaient bondés.

4713
C’est le nombre de cas dus au variant Omicron qui ont été détectés au Royaume-Uni lundi. Le nombre réel de cas serait toutefois supérieur, selon le gouvernement britannique.

Un passeport sanitaire sera aussi imposé dès mercredi dans les grands lieux de rassemblement, mesure qui fâche une partie des députés de la majorité conservatrice.

 

Soumises au vote des députés mardi, ces nouvelles mesures devraient être adoptées grâce au soutien du parti d’opposition travailliste.

Elles interviennent dans un contexte difficile pour Boris Johnson, fragilisé par une série de scandales liés à des fêtes qui auraient eu lieu à Downing Street l’hiver dernier, au moment où les Britanniques devaient limiter leurs interactions sociales.

Premier cas du variant Omicron en Chine

La Chine a annoncé avoir détecté son premier cas du très contagieux variant Omicron du coronavirus, ont rapporté les médias d’État lundi.

 

Les autorités de la ville de Tianjin, dans le nord-est de la Chine, ont repéré le variant chez une personne revenant de l’étranger, sans préciser de quel pays il s’agissait, selon Le Quotidien de Tianjin.

 

Le patient, asymptomatique, a été déclaré positif jeudi, et des tests plus poussés ont « confirmé la détection du […] variant Omicron », selon le journal, qui ajoute que ce patient a été hospitalisé et mis
à l’isolement.

 

Le pays le plus peuplé du monde est à l’affût de nouveaux foyers épidémiques, étant donné qu’il se prépare à accueillir les Jeux olympiques d’hiver à Pékin en février. Les autorités sanitaires ont ordonné des protocoles plus stricts dans les villes portuaires, comme Tianjin, située à environ 140 kilomètres de la capitale.

 

Le variant Omicron semble se propager plus vite que le variant Delta, provoquer des symptômes moins graves et rendre les vaccins moins efficaces, a indiqué dimanche l’OMS, soulignant que les données restent très parcellaires.

 

La Chine a réussi à réduire considérablement ses cas de COVID-19 grâce à une combinaison de contrôles aux frontières, de campagnes de tests massives et de confinements ciblés. Le pays a enregistré 101 nouveaux cas de COVID-19 lundi, dont 21 cas importés, selon l’Agence nationale de santé.

 

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