La montée d’Omicron inquiète avant les Fêtes

Des gens attendant de subir un test de dépistage de la COVID-19, à Montréal
Photo: Ryan Remiorz La Presse canadienne Des gens attendant de subir un test de dépistage de la COVID-19, à Montréal

Au moment où le nombre de cas de COVID-19 continue de grimper au Québec, la Santé publique de Montréal a appelé vendredi toutes les personnes qui ont fréquenté deux établissements de la métropole à aller se faire tester pour ralentir la propagation du variant Omicron, qui sème l’inquiétude à l’approche de Noël.

Des personnes infectées par le variant Omicron du virus de la COVID-19 sont allées dans deux établissements de la métropole dans les derniers jours. Mise au fait de cette situation, la Direction régionale de santé publique (DRSP) de Montréal a demandé vendredi à toutes les personnes qui ont mis les pieds dans la salle d’entraînement Buzzfit de Kirkland le 1er, le 5 ou le 6 décembre, entre 16 h et 18 h, de subir un test de dépistage. La même demande s’applique aux citoyens qui ont visité le centre communautaire Henri-Lemieux, dans l’arrondissement de LaSalle, le 4 décembre entre 12 h et 14 h.

Cette demande concerne tant les personnes vaccinées que celles qui ne le sont pas, qu’elles aient développé ou non des symptômes de la COVID-19. Les gens concernés sont invités à se rendre au centre de dépistage de l’Hôpital général juif ou au CLSC de Parc-Extension, les deux sites de la métropole en mesure de détecter ce nouveau variant.

« C’est une approche sévère qui a comme objectif de ralentir le plus possible la propagation du variant [Omicron] », explique au Devoir le porte-parole de la DRSP de Montréal, Jean-Nicolas Aubé.

Le variant Omicron, d’abord détecté en Afrique du Sud le mois dernier, s’est depuis propagé dans plusieurs pays, forçant la mise en place de contrôles renforcés aux frontières, notamment au Canada. Ce nouveau variant, qui serait possiblement 2 à 3,5 fois plus transmissible que le variant Delta, a toutefois commencé à se transmettre au pays, introduit par des voyageurs infectés. Une éclosion a notamment touché 50 personnes à London, en Ontario, tandis que 14 cas d’infection à ce variant ont été recensés dans la métropole, en date de jeudi. De ce nombre, cinq personnes auraient contracté le virus lors d’un voyage à l’extérieur du Canada, ce qui laisse croire à « une transmission locale limitée », indique la DRSP de Montréal.

« Ce qui nous inquiéterait le plus, c’était si on trouvait l’Omicron chez quelqu’un qui n’a pas voyagé et qu’on ne saurait pas de qui il l’a attrapé », indique au Devoir le médecin-conseil à l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) Gaston De Serres. On pourrait alors parler de transmission communautaire de ce nouveau variant, explique-t-il. « Ça va arriver un jour ou l’autre. »

Or, si Omicron devient le variant dominant, les cas de COVID-19 pourraient exploser au pays et atteindre 26 600 par jour, contre environ 3300 quotidiennement dans la dernière semaine, a indiqué vendredi l’Agence de la santé publique du Canada. Le variant Delta domine toujours au pays, à l’heure actuelle, tandis qu’on recense 87 cas du variant Omicron au Canada.

« Ce n’est qu’une question de temps avant que [le variant Omicron] soit plus présent et fasse compétition au Delta », prévient l’immunologiste à l’Institut de recherches cliniques de Montréal André Veillette, en entrevue vendredi soir.

Rassemblements

 

Dans ce contexte, l’administrateur en chef adjoint de la santé publique du Canada, le Dr Howard Njoo, a émis de sérieuses réserves sur la possibilité de festoyer avec la famille élargie ou de grands groupes pendant les Fêtes.

« Personnellement, je pense que ce n’est pas une bonne idée d’avoir des rassemblements de 25 personnes ou de 20 personnes, peut-être quelque chose de plus intime », a-t-il déclaré vendredi après-midi, en conférence de presse.

Or, au Québec, où le nombre de nouvelles infections a dépassé vendredi la barre des 2000 en 24 heures avec 2013 nouveaux cas, le gouvernement prévoit justement de permettre à 20 personnes de se rassembler à l’intérieur dès le 23 décembre. « Le nombre de contacts de personne à personne pourrait être explosif », craint le virologue et professeur au Département des sciences biologiques de l’Université du Québec à Montréal Benoit Barbeau.

Ce dernier estime ainsi que Québec pourrait décider de resserrer certaines règles sanitaires dans les prochains jours, « dépendant à quel point la situation est complexe ». Déjà, vendredi, le gouvernement Legault a annoncé le retour du masque obligatoire en tout temps pour les élèves du primaire dans la grande région de Québec, en raison d’un nombre élevé d’éclosions survenues dans les écoles du secteur.

« Je pense que le critère important, ça reste les hospitalisations », déclare pour sa part Gaston De Serres, qui estime « peu probable » que la hausse des hospitalisations liées à la COVID-19 attendue dans les prochaines semaines soit assez importante pour forcer Québec à faire marche arrière concernant les rassemblements du temps des Fêtes.

Avec La Presse canadienne

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