Les infirmières de Québec demandent à Dubé d’agir sur les heures supplémentaires obligatoires

«La pression dure depuis trop longtemps sur les professionnelles en soin», affirme la présidente du Syndicat interprofessionnel du CHU de Québec, Nancy Hogan. «Depuis l’été, c’est pratiquement invivable.»
Photo: Valérian Mazataud Archives Le Devoir «La pression dure depuis trop longtemps sur les professionnelles en soin», affirme la présidente du Syndicat interprofessionnel du CHU de Québec, Nancy Hogan. «Depuis l’été, c’est pratiquement invivable.»

Des infirmières lancent un nouveau cri du cœur concernant les heures supplémentaires obligatoires, qui continuent de gruger le système de santé. Le ministre de la Santé, Christian Dubé, doit agir « maintenant », plaide le syndicat qui représente les infirmières du Centre hospitalier universitaire (CHU) de Québec.

« Plus il y a des TSO [temps supplémentaires obligatoires], plus on perd de gens, et ça exacerbe la pénurie. Il faut stopper l’hémorragie rapidement », a déclaré jeudi la présidente du Syndicat interprofessionnel du CHU de Québec (SICHU-FIQ), Nancy Hogan.

Le syndicat local, qui représente 4600 infirmières à Québec, a récemment appris que des heures supplémentaires avaient été imposées à ses membres à 377 reprises entre le 15 novembre et le 5 décembre dernier. « La pression dure depuis trop longtemps sur les professionnelles en soin », a poursuivi Mme Hogan. « Depuis l’été, c’est pratiquement invivable. »

Effet limité des primes

Au cabinet du ministre Christian Dubé, on dit « comprendre la frustration des infirmières ». « Nous sommes déjà au travail afin que [les heures supplémentaires obligatoires] soient une mesure d’exception et non une méthode de gestion », a indiqué son attachée de presse, Marjaurie Côté-Boileau.

Selon le syndicat, les nouvelles primes offertes par le gouvernement ont eu peu d’effets sur les ressources humaines. « Ça n’a pas attiré les foules au CHU », a dit Mme Hogan, qui signale que son syndicat perd des gens « chaque jour ».

Selon le cabinet du ministre, 52 nouvelles personnes ont été embauchées au CHUQ depuis septembre, et 258 autres à temps partiel ont accepté de travailler à temps plein.

L’organisation n’a pas de données précises sur le nombre de départs ces derniers mois, mais Mme Hogan évalue que « bon an mal an », il y a autant de gens qui arrivent que de gens qui partent.

En guise de solutions, le syndicat suggère notamment qu’on réduise les contraintes associées aux primes, qu’on rémunère les stagiaires et qu’on « empêche les agences privées d’exister ».

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