Le G7 plaide l’urgence d’agir devant la poussée d’Omicron

Plusieurs États ont décidé de fermer leurs frontières à l’Afrique australe, qui se dit «punie» pour avoir révélé l’existence du variant. Le Japon interdira notamment à tous les nouveaux voyageurs étrangers d’entrer sur son territoire, à partir de mardi.
Photo: Philip Fong Agence France-Presse Plusieurs États ont décidé de fermer leurs frontières à l’Afrique australe, qui se dit «punie» pour avoir révélé l’existence du variant. Le Japon interdira notamment à tous les nouveaux voyageurs étrangers d’entrer sur son territoire, à partir de mardi.

Le G7 a appelé lundi à une « action urgente » face au variant « hautement transmissible » du coronavirus Omicron, le président américain, Joe Biden, reconnaissant de son côté être « préoccupé » par la situation, mais assurant qu’il n’y avait « pas de raison de paniquer ».

Cette nouvelle souche se propage désormais de l’Afrique au Pacifique, du Canada à l’Italie, en passant par l’Allemagne et le Royaume-Uni, où six nouveaux cas ont été confirmés en Écosse.

Sans oublier les Pays-Bas, avec 14 passagers arrivés d’Afrique du Sud porteurs d’Omicron, le Portugal, où 13 joueurs d’un club de soccer ont été déclarés contaminés, et l’Espagne, qui a officiellement fait état d’un premier cas.

Jamais un variant de la COVID-19 n’avait provoqué autant d’inquiétudedepuis l’émergence de Delta, déjà très contagieux.

« Il y a des raisons d’être préoccupés face à ce nouveau variant, mais pas de raison de paniquer », a voulu relativiser Joe Biden dans un discours à la Maison-Blanche, appelant les Américains à se faire vacciner et, le cas échéant, à recevoir leur dose de rappel. Le président américain a en outre avancé que ce nouveau variant apparaîtrait « tôt ou tard » aux États-Unis, où il n’a pas encore été détecté.

De leur côté, les ministres de la Santé de sept des nations les plus industrialisées, convoqués par Londres, ont averti que le monde faisait « face à la menace d’un nouveau variant hautement transmissible de la COVID-19, qui nécessite une action urgente ».

À l’issue de cette réunion d’urgence, ils ont aussi « salué le travail exemplaire de l’Afrique du Sud, qui a su détecter le variant et alerter les autres », mais qui paie cette alerte et se retrouve aujourd’hui, comme toute l’Afrique australe, quasiment coupée du monde.

De son côté, l’Organisation mondiale de la santé a souligné que « la probabilité qu’Omicron se répande au niveau mondial » était « élevée », tout en reconnaissant que de nombreuses inconnues demeuraient.

À commencer par sa contagiosité, le niveau de protection conféré par les vaccins contre la COVID-19 existants et la gravité des symptômes provoqués.

 

Seul élément rassurant dans ce constat, à ce jour « aucun décès associé » à ce variant n’a été signalé.

L’Afrique du Sud « punie »

L’angoisse est d’autant plus grande dans le monde entier que la liste des pays où Omicron est repéré ne cesse de s’allonger, en particulier en Europe, après de premiers cas dans le sud de l’Afrique courant novembre. Cela a poussé de nombreux États à suspendre les voyages vers cette région et à instaurer des dispositifs préventifs.

Le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, s’est à ce propos dit lundi « très préoccupé » par l’isolement de l’Afrique australe, considérant que « le peuple africain ne peut pas être tenu pour responsable du niveau immoralement bas des vaccins disponibles » sur son continent.

Se jugeant déjà « punie » pour avoir révélé l’existence du variant, l’Afrique du Sud a réclamé la levée « immédiate et urgente » des restrictions de voyages et qualifié de « regrettable » que certaines nations africaines prennent à leur tour de telles mesures. À l’instar du Gabon, qui refuse dorénavant l’entrée sur son sol des voyageurs en provenance de huit pays d’Afrique australe. Ces dispositifs sécuritaires s’étendent désormais rapidement un peu partout sur la planète.

Trois semaines après avoir assoupli certaines restrictions, le Japon va ainsi « interdire toutes les [nouvelles] entrées de ressortissants étrangers » à partir de mardi.

L’Australie, où cinq cas de ce variant ont été enregistrés et qui devait rouvrir mercredi aux étudiants et aux travailleurs qualifiés ses frontières fermées depuis plus de 20 mois, va pour sa part attendre encore au moins deux semaines.

Les Philippines, qui voulaient permettre à partir de mercredi aux touristes entièrement vaccinés d’entrer sur leur territoire, ont de même suspendu leur projet.

L’Indonésie a déclaré indésirables sur son sol les personnes ayant été au cours des 15 derniers jours à Hong Kong, où Omicron a été signalé.

Israël, où un cas a été confirmé chez un voyageur revenu du Malawi, prohibe depuis dimanche soir l’arrivée des étrangers et va imposer test PCR et quarantaine, y compris à ses ressortissants vaccinés.

Quant aux États-Unis, qui venaient de se rouvrir au reste du monde début novembre, ils se sont refermés dès lundi aux voyageurs en provenance de huit pays d’Afrique australe.

Les laboratoires confiants

 

Le variant Omicron pourrait aussi peser sur l’économie et l’inflation, a averti lundi le président de la banque centrale américaine, Jerome Powell, soulignant les « risques à la baisse pour l’emploi et l’activité économique ».

Du côté des fabricants de vaccins, AstraZeneca comme Pfizer-BioNTech, Moderna et Novavax se sont dits confiants dans leur capacité à combattre ce variant.

La Russie a pour sa part annoncé être en train de mettre au point une version de son Spoutnik V contre le nouveau coronavirus ciblant spécifiquement Omicron, dans le « cas improbable » où la version actuelle ne suffirait pas.

Au Royaume-Uni, une troisième dose de vaccin contre la COVID-19 va être proposée à toutes les personnes de plus de 18 ans en vue de renforcer la protection de la population face à cette souche.

Dans la foulée du discours de Joe Biden, les États-Unis ont eux étendu leur recommandation d’une troisième dose à tous les adultes américains, contre les seuls plus de 50 ans jusqu’à présent.

Et le président chinois, Xi Jinping, a promis lundi un milliard de doses contre la COVID-19 à l’Afrique, sous la forme de dons ou de soutien à la production locale.

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