Une clinique de Longueuil affiche complet samedi

Le gouvernement du Québec souhaite que le plus grand nombre d’enfants possible soient vaccinés avant Noël.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Le gouvernement du Québec souhaite que le plus grand nombre d’enfants possible soient vaccinés avant Noël.

Du chat à la chèvre en passant par les décorations de Noël et les chapeaux ludiques, une clinique de vaccination de Longueuil n’a pas lésiné sur les moyens pour réduire l’anxiété des enfants, samedi, au grand soulagement de plusieurs parents motivés à contribuer à la lutte contre la pandémie de COVID-19.

Quelques dizaines de parents et d’enfants ans faisaient la file à l’intérieur de l’Espace Rodi, un centre de vaccination situé sur le boulevard Marie-Victorin, lors du passage du Devoir à 13h, samedi. Les 425 rendez-vous qui étaient disponibles samedi sur ce site ont d’ailleurs tous été réservés en amont, signe de l’engouement suscité par l’élargissement de la campagne de vaccination aux jeunes de 5 à 11 ans, plus tôt cette semaine.

De nombreux efforts ont d’ailleurs été déployés pour réduire l’inquiétude des enfants sur place. Des décorations de Noël jonchent notamment les murs de la clinique de vaccination, tandis que les infirmières portent fièrement un chapeau ludique qui rappelle celui des lutins du père Noël. Le clou du spectacle – on n’oublierait presque qu’il s’agit d’une campagne de vaccination – réside néanmoins dans la présence d’un chat noir, baptisé « Souris » et d’une chèvre munie d’une couche appelée « Croquette ». Une initiative, inspirée de la zoothérapie, qui a plu tant aux enfants qu’à leurs parents.

« C’est exceptionnel. Ils peuvent flatter un chat et…une chèvre, ce qui est plutôt anodin! Le personnel est aussi très adapté à la jeunesse et c’est très bien pour les enfants. Je pense que ça les mets en confiance », évoque notamment Yohann Martel, quelques instants après que son fils Édouard, âgé de 7 ans, ait reçu sa première dose de vaccin contre la COVID-19.

De telles « distractions » permettent d’ailleurs d’écourter le temps nécessaire pour vacciner des enfants, ce qui réduit ainsi le risque que ceux-ci développent de l’anxiété en amont de recevoir une dose, explique la chef d’administration des programmes de santé publique responsable du volet de la vaccination au Centre intégré de santé et de services sociaux de la Montérégie-Est, Joanie Garand.

« Les parents, on va leur parler un peu plus longtemps alors que l’enfant, il faut rendre ça un peu plus concis si on veut éviter qu’il ait de l’anxiété et que ça crée des crises », explique-t-elle. Elle reconnaît cependant qu’il est bien rare qu’autant de mesures soient mises en place pour vacciner des enfants. Or, le contexte de la pandémie change la donne, selon elle.

« On est conscient que cette campagne de vaccination peut causer plus d’anxiété chez les parents et les enfants peuvent le ressentir eux aussi à ce niveau-là », souligne-t-elle. Selon des sondages menés dans des écoles de la Montérégie, environ 30% des parents demeurent actuellement indécis quant à savoir s’ils entendent faire vacciner ou non leurs enfants contre la COVID-19, indique Mme Garand.

« Si on veut recommencer à vivre, bien il faut faire notre part [...] Il faut se protéger en tant que famille et protéger nos proches aussi », estime pour sa part la mère de famille Viviana Camacho, dont le fils Mateo s’est fait vacciner dans cette clinique samedi.

« On veut que ça avance et sortir de tout ça, arrêter d’avoir un masque dans la face et essayer de retrouver une vie un peu plus normale », lance pour sa part Jessica Lavoie.

Le gouvernement du Québec souhaite d’ailleurs que le plus grand nombre d’enfants possible soient vaccinés avant Noël, afin d’éviter une accélération de la croissance des cas de COVID-19 en marge de cette période de festivités.

« On veut éviter que [les enfants] soient des vecteurs de transmission dans les rassemblements à venir », évoque ainsi Joanie Garand.

Plus tôt cette semaine, le Comité d’immunisation du Québec a officiellement recommandé un intervalle de huit semaines entre l’octroi de deux doses de vaccin contre la COVID-19. Les enfants qui ont obtenu une injection samedi ont ainsi été invités à recevoir leur prochaine dose le 22 janvier prochain.

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